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Entretien

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Garance Décarsin : voyager seule deux mois sans avion

"Je ne me suis jamais sentie aussi loin de mon pays, de là où j'ai grandi."

Garance Decarsin : voyager deux mois sans avion © Archives personnelles de G. Decarsin

Paru le 4 juin 2024

Ecrit par Perrine de Mon Quotidien Autrement

Garance Décarsin a 23 ans. Cette étudiante, sur le point de valider son master en Management des technologies et de l’innovation, a entrepris un voyage en solitaire au cours de l’été 2023. Pendant deux mois et demi, elle a arpenté le nord de l’Europe. Mais pour ce périple, elle a choisi de voyager sans avion, puisqu’elle a banni ce moyen de transport ultra-polluant de ses habitudes depuis plus de deux ans. Elle livre le récit de ce voyage insolite à Mon Quotidien Autrement, à retrouver aussi en images sur sa page Polarsteps

Comment avez-vous eu l’idée de ce voyage ?

J’ai fait une année de césure entre ma première et ma deuxième année de master, durant laquelle j’ai fait un stage en Suisse dans la haute horlogerie. À la fin de cette période, il me restait quatre mois avant de reprendre mes études. J’avais envie de voyager. J’ai toujours rêvé d’aller en Asie du Sud-Est, sauf que j’en avais marre de voir tout le monde aller là-bas. Et surtout, j’avais envie de prouver, à moi-même et aux autres, que c’était possible de faire un voyage incroyable sans prendre l’avion et en restant en accord avec mes valeurs écologiques.

Il y a un livre qui m’a beaucoup aidé, c’est Voyages zéro carbone (ou presque), un guide Lonely Planet. Il est notamment disponible en libre consultation dans de nombreux de lieux en rapport avec l’écologie. Dans ce guide, il y a des itinéraires détaillés et beaucoup de conseils. C’est à partir de ça que j’ai commencé mes recherches. J’ai voyagé principalement en train et en bateau, parfois en bus ou en voiture. 

Quelles destinations avez-vous choisies ?

Alors pour commencer, je suis montée par l’Ouest de l’Allemagne jusqu’au Nord du Danemark en train. Ensuite, j’ai pris un bateau pour les Îles Féroé, puis pour l’Islande. Là-bas, j’ai loué une voiture, je n’avais pas vraiment le choix pour visiter parce qu’il y a très peu de transports en commun. Ensuite, je suis revenue au Danemark, je suis passé par Copenhague pour prendre le train qui mène en Suède. De là, je suis partie en Norvège, où j’ai dû reprendre un bateau pour aller en Laponie norvégienne. Il m’a fallu reprendre un train jusqu’en Suède, puis j’ai traversé en bateau pour aller en Finlande et j’ai pris un autre bateau pour aller en Estonie. De là, j’ai voyagé en bus ou en train, selon les possibilités, pour visiter plusieurs villes dans les pays baltes. J’ai terminé par la Pologne. Enfin, pour revenir en France, j’ai pris le train en passant par l’Est de l’Allemagne et le Luxembourg. 

 

À Trondheim, en Norvège © Archives personnelles de G. Décarsin
À Trondheim, en Norvège © Archives personnelles de G. Décarsin

Comment sélectionner ses moyens de transports ?

Pour moi, c’est là toute la difficulté. C’est un casse-tête de comprendre, malgré le guide, surtout si tu veux faire un voyage qui mélange plusieurs des itinéraires proposés, ce que j’ai fait. Parfois, tu peux avoir des difficultés à trouver une route, un bus, un bateau, mais je m’en suis toujours sortie ! Ça demande juste un peu de temps et d’organisation. Par exemple, il existe une carte des trains de nuit d’Europe, mais il n’y a pas de carte des trains tout court. Donc j’avais besoin de savoir ce qui était faisable, pour éviter de me retrouver au fin fond de la Laponie et ne pas pouvoir en sortir. Je prévoyais en général mon trajet pour les deux semaines à venir, ça me rassurait d’anticiper et de fonctionner par boucle jusqu’à une grande ville. Par exemple, la Norvège, c’était compliqué parce qu’il y a peu d’infrastructures. Je suis finalement revenue en train des îles Lofoten, par l’une des gares les plus au nord du monde ! Je suis partie de Narvik pour arriver à Stockholm, en 15 h de trajet. 

Boden, en Suède © Archives personnelles de G. Décarsin
Boden, en Suède © Archives personnelles de G. Décarsin

Ces longs trajets étaient agréables ?

C’est là où tu vois l’intérêt du train ! Pendant 15 h, tu es en pleine forêt de sapins, c’est magnifique, tu vois des petits lacs… J’avais l’impression d’être au Canada ou dans les photos touristiques de Suède, alors que j’étais dans le train. J’ai passé une bonne partie du trajet à regarder par la fenêtre et à en prendre plein la vue, ensuite, tu dors et tu te réveilles à Stockholm.

Sur le bateau aussi par exemple, quand j’allais en Islande, j’ai vu des centaines de dauphins nager à côté de nous. Je n’ai même pas d’image de ça, parce que ça n’a duré que quelques secondes, mais des dauphins qui te sautent sous les yeux, c’est incroyable ! Ce bateau-là fait vraiment un trajet magnifique, tu vois les côtes norvégiennes en partant du Danemark, puis les îles écossaises qui sont tout au nord… Et au retour de l’Islande, ce n’était pas des dauphins, mais des baleines et c’était fou aussi !

Je me suis dit, on voit toujours des photos de coucher de soleil à travers les hublots de l’avion, mais moi, j’ai partagé un moment magique avec des inconnus, dont on se souviendra tous toute notre vie… C’est tellement plus fort. Avec ces transports, tu vois facilement les paysages en dehors des grandes villes, tu as l’impression d’en voir deux fois plus.

Dans un train, quelque part en Suède © Archives personnelles de G. Décarsin
Dans un train, quelque part en Suède © Archives personnelles de G. Décarsin

Voyager en limitant sa consommation carbone, ça coûte cher ?

J’ai travaillé en Suisse, donc ça m’a permis de mettre de l’argent de côté. Au final, c’était plutôt cher. Je suis partie deux mois et demi, en mangeant des pâtes, en dormant en auberge de jeunesse et en faisant très attention à mes dépenses. Ça m’a coûté environ 7 000 €. Après, il faut dire aussi que j’ai visité des pays qui sont connus pour être chers : l’Islande, la Norvège, la Suède, par exemple… Le bateau m’a coûté 1200 ou 1400 €, je ne sais plus exactement, mais c’était une grosse partie du budget.

Le train, c’est très abordable au final, surtout quand tu as moins de 27 ans et que tu prends un InterRail. Sur deux mois, en seconde classe, ça m’a coûté environ 500 €. Par contre, c’est dur à prendre en main au début. Les conditions changent selon les pays et les trains, donc ça peut être déjà un frein de comprendre comment ça fonctionne. Les transports non-aériens, c’est quand même beaucoup moins accessible, il faut y passer plus de temps pour tout décortiquer. Mais une fois qu’on a compris, tout roule ! 

Que diriez-vous à ceux qui aimeraient suivre vos pas ?

Je n’ai pas envie de vendre quelque chose de faux. Alors d’abord, je dois dire que ça peut être compliqué à certains moments, mais après tu es content de l’avoir fait ! Plus le temps passe, plus je suis émue d’en parler et plus je sens que ceux à qui j’en parle sont intéressés. Peut-être parce que c’est un récit qu’on n’a pas l’habitude d’entendre. 

Et puis, je voudrais dire que j’ai l’impression d’être allée beaucoup plus loin qu’en Europe. J’ai vu des paysages qu’on ne peut voir nulle part dans le monde. J’ai été très dépaysée. Je pense que ça vient du fait que j’ai pris des moyens de locomotion plus lents. C’est aussi moins nocif pour l’avenir de notre planète. Ça donne un sentiment d’aventure et une impression que c’est beaucoup plus insolite. Parce que l’avion ça paraît tellement facile : tu vas à l’aéroport, tu sautes dans un avion, tu arrives dans une ville, tu visites. Et donc tu ne vois pas forcément le reste du pays. Alors que là, j’ai vraiment eu la sensation de découvrir d’autres cultures. Je ne me suis jamais sentie aussi loin de mon pays, de là où j’ai grandi.

 

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