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Entretien

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Gauthier Chapelle : « Avoir des enfants, c’était un élan d’être vivant »

Engagé pour un monde futur où les enfants ont leur place.

Gauthier Chapelle, père de quatre enfants, agronome et biologiste © Archive personnelle

Paru le 17 avril 2023

Ecrit par Mathilde de Mon Quotidien Autrement

À 54 ans, Gauthier Chapelle se définit comme un « chercheur in-Terre-dépendant » et « père au foyer ». Il est aussi agronome et biologiste de formation, spécialiste du biomimétisme (résolution de problèmes en s’inspirant de la nature) et auteur d’une quinzaine d’ouvrages. En septembre 2022, il a publié « L’effondrement (et après) expliqué à nos enfants… et à nos parents » (Seuil) avec Pablo Servigne. Père de quatre enfants de 25, 23, 5 ans et 10 mois, il raconte aujourd’hui à Mon Quotidien Autrement sa vision de la parentalité dans un monde en train de vivre une crise écologique.

De plus en plus de personnes ne veulent pas faire d’enfants pour des raisons écologiques. Qu’en pensez-vous ?

D’abord, je tiens à souligner que c’est un choix personnel. Les gens font ce qu’ils veulent sur une question aussi fondamentale. Mon avis est donc subjectif, plus qu’un jugement. Je vois deux choses derrière ce choix. D’une part, que certains considèrent que cela contribue à leur empreinte sur la planète. J’ai l’impression que ça objectifie les enfants et que ça les place en concurrence avec le fait de faire un trajet en avion. Pour ma part, j’estime que l’empreinte de mes enfants n’est pas la mienne.

Deuxièmement, beaucoup font ce choix par peur de l’avenir. Je peux le comprendre. Mais de tout temps, il y a eu des situations difficiles et cela n’a pas empêché les gens de faire des enfants. Pour moi, c’est un raisonnement bizarre de se battre pour que le monde se poursuive, s’il n’y a plus d’enfants dans ce monde-là. C’est ce qu’écrivent aussi Frédéric Spinhirny et Nathanaël Wallenhorst dans un manifeste que je suis en train de lire : « Vous voulez sauver la planète ? Faites des gosses ! », qui vient d’être publié aux éditions Le Pommier.

À celles et ceux qui ne veulent pas faire d’enfants, j’ai donc au moins envie de leur dire : aidez-nous à faire de la place à nos enfants dans ce monde.

Qu’est-ce que cela dit plus largement du monde actuel selon vous ?

Ça montre aussi à quel point la peur monte dans la société. Et à raison… Surtout quand on voit la réaction des élites, qui est terrifiante. Ce qui me frappe, c’est donc la difficulté à faire face à ces émotions négatives ou douloureuses et le manque d’espaces pour en parler. Si les gens avaient un endroit pour digérer ces émotions, peut-être qu’ils ne prendraient pas de décision aussi radicales.

Quand je pense aux personnes qui vont jusqu’à décider de se stériliser pour ne pas avoir d’enfants, j’ai aussi l’impression que c’est comme si elles retournaient contre elles la violence de l’extérieur. Nous sommes des êtres dynamiques sur le plan psychologique, cela m’inquiète de voir des gens prendre des décisions aussi fortes qui peuvent être regrettées plus tard.

Et vous, pourquoi avez-vous fait des enfants ?

C’était une question d’élan, comme un flux du vivant. Comme beaucoup d’autres êtres vivants, j’ai ressenti l’impulsion de continuer. J’ai répondu à cet élan en confiance. Avoir des enfants, ça me motive aussi 10 fois plus à faire tout ce qu’il faut pour transformer en profondeur cette civilisation et la rendre durable.

Comment parlez-vous à vos enfants de la crise écologique en cours ?

Je trouve qu’il ne faut pas parler de la crise écologique aux petits enfants avant l’âge de raison. Sauf s’ils posent des questions. Il faut alors leur répondre sans aller plus loin que ce qu’ils demandent. Parler de dérèglement climatique comme on le fait dès la maternelle est néfaste selon moi. Les enfants n’ont pas encore une appréhension du temps et de l’espace suffisante pour qu’ils comprennent cette perspective. Ça les dépasse et les angoisse. À cet âge-là, il faut surtout miser sur les liens qu’ils peuvent développer avec le vivant. Il faut être en contact le plus possible avec la nature, avec le merveilleux de ce qu’elle contient. Pour ma part, je fais la sieste tous les jours dans les bois avec ma dernière, comme avec le précédent.

Avec les adolescents, c’est un tout autre échange. Souvent, ils deviennent plus informés que leurs parents parce qu’ils passent du temps sur Internet. Je conseille donc en tant que parent de bien s’informer aussi sur la question pour pouvoir répondre à ses enfants. Mais surtout de leur apprendre le discernement sur les informations et d’accueillir leurs émotions. À la condition qu’en tant qu’adulte, on ait déjà tiré au clair ses propres émotions sur le sujet…

Avis sur : Gauthier Chapelle : « Avoir des enfants, c’était un élan d’être vivant »

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Les commentaires :

Comment avoir une croissance illimitée de la population dans un monde fini? C’est comme pour la croissance de l’économie, ce n’est pas tenable.

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