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Des gens qui se bougent

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Elles ont monté un garage solidaire dans le Nord

Des employés en insertion et des réparations à petits prix pour les clients précaires : bienvenue dans un garage solidaire.

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Paru le 22 mai 2018

Ecrit par Elsa de Mqa

« On avait du travail à proposer, mais pas de candidats », se souvient Ludivine Wolsztyniak. Elle et sa collègue Laëtitia Lhermitte étaient bien embêtées : toutes deux travaillaient dans le domaine de l’insertion professionnelle et voyaient bien que, souvent, le retour à l’emploi est entravé par le manque de mobilité. Un tel n’a pas de voiture, un tel n’a pas l’argent pour réparer la sienne, un tel n’ose pas passer son permis… « C’est la spirale de la précarité », résume Ludivine. Et si la solution, c’était un garage solidaire ?

« Le garage est une petite couveuse »

Lorsqu’elles perdent leur emploi, à la suite d’un burn-out, les deux amies et collègues se replongent dans cette idée qui leur trottait dans la tête depuis dix ans déjà. Elles créent une association, Artois insertion mobilité emploi (AIME), qui porte leur projet « Le garage solidaire de l’Artois« . Au bout de deux années de démarches, le garage voit le jour en septembre 2017, dans une ancienne concession Honda à Béthune. Autant dire que monter un tel projet n’a pas été facile. « C’était audacieux, dirons-nous ! rigole Ludivine. Deux femmes en mécanique, qui ne connaissent rien au domaine… On a nous a ri au nez, c’était un parcours du combattant ». Mais une belle réussite : au bout de huit mois de fonctionnement, leur association a deux cents adhérents.

Concrètement, leur garage emploie six personnes. « On accueille des salariés en insertion pour les former aux techniques de la mécanique, mais le but n’est pas qu’ils deviennent mécaniciens. L’idée est de leur faire apprendre des gestes liés au milieu du travail », souligne-t-elle. Par exemple, se lever le matin, être à l’heure, accepter une certaine discipline… « On veut aussi lever les freins périphériques à l’emploi, en proposant un suivi individuel de chaque salarié. » Avec toujours un objectif : le retour à un emploi classique. Les salariés – trois hommes et trois femmes, la parité étant importante pour les deux dirigeantes – ne peuvent donc rester dans le projet plus de 24 mois. « Je parle souvent du garage comme d’une petite couveuse », résume Ludivine.

Des réparations de voiture à petits prix

Et les clients ? Pas tout le monde ne peut venir faire réparer sa voiture au garage de l’Artois – ce qui leur permet de ne pas faire concurrence aux enseignes du coin. Seuls ceux qui ont des revenus ne dépassant pas le Smic sur les trois derniers mois peuvent en bénéficier. Ce qui permet d’atteindre aussi les petits salariés ou les intermittents, et non uniquement les demandeurs d’emploi. « On a les pièces à prix coûtant, et la main d’oeuvre revient à 20 euros de l’heure, contre 50 à 70 euros normalement ».

Au début, les employés, supervisés par un mécanicien professionnel, s’occupaient de petites réparations. « Ils ont appris tellement vite que désormais ils font des interventions assez lourdes, comme des changements de joints de culasse », assure Ludivine.

Des ateliers sont également organisés pour donner un coup de pouce à ces clients précaires : pour apprendre à faire sa vidange soi-même, pour savoir comment les assurances fonctionnent, pour connaître les choses importantes à vérifier lors de l’achat d’une voiture… Les deux gérantes ne sont pas à court d’idées : elles montent un service de location et de vente de véhicules à prix solidaires. Et elles vont bientôt accueillir un voisin : une auto-école sociale.

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Les commentaires :

Génial ! Mille Bravos !
Et pour paraphraser une parole de Mark Twain : Elles ne savaient pas que c’était impossible ! Alors elles l’on fait !
Encore bravo

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