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Lyocell, pinatex, modal… ces nouveaux textiles artificiels sont-ils écologiques ?

Matières premières, processus de production, durabilité… Nous avons examiné ces tissus à la loupe.

Lenzing développe de nouveaux textiles.

Paru le 1 décembre 2020, modifié le 12 mars 2023

Ecrit par Déborah de Mon Quotidien Autrement

Avez-vous déjà entendu parler de vestes en cuir d’ananas, de t-shirts en pulpe d’eucalyptus, ou de pantalons en fibres d’ortie ? Le plus souvent, ces textiles sont présentés comme nouveaux, révolutionnaires et éco-responsables. Mais le sont-ils vraiment ?

Ces nouveaux textiles, qu’est-ce que c’est ?

On connaissait les fibres naturelles, comme le coton, le chanvre, le lin, la laine, la soie, le jute ; toutes ces matières premières qui ne nécessitent pas de transformation chimique pour devenir fibre.

On connaissait les fibres synthétiques, issues de la pétrochimie, comme le polyester, l’acrylique, le polyamide, l’élasthanne.

On connait moins les fibres dites artificielles. Ce sont ces “nouveaux textiles”. Ces fibres sont issues de matières végétales, du bois le plus souvent, comme le hêtre, l’eucalyptus, le bambou, qui sont ensuite transformées chimiquement, à l’aide de solvants. On les appelle aussi fibres cellulosiques.

En 2019, on en a produit 7,1 millions de tonnes dans le monde, principalement en Chine, en Inde et en Indonésie. C’est deux fois plus que dans les années 1990 et cela peut sembler beaucoup. Mais c’est finalement peu. Ces fibres artificielles ne représentent que 6,4 % de l’ensemble des fibres produites. Pas grand chose comparé au coton ou au polyester.

Et surtout, elles n’ont rien de nouveau. “La première fibre cellulosique, et aussi la plus répandue, est la viscose, explique Pascaline Wilhelm, directrice mode de Première Vision, salon international des professionnels de la mode. Elle a été créée dans les années 1860 pour imiter la soie. Sa composition est similaire à celle du papier. Il s’agit de cellulose. » La viscose représente près de 80 % des fibres artificielles utilisées dans l’habillement.

Les fibres artificielles sont souvent utilisées pour la lingerie et les vêtements de sport. Pour leur fluidité ou leur côté brillant. Ou pour leurs caractéristiques techniques (anti-odeur, stretch, respirant…), qu’il est difficile, voire impossible, d’obtenir avec des fibres naturelles.

Ces fibres dites artificielles sont-elles écolos ?

Alors modal, micro-modal, pinatex, viscose, lyocell ou Tencel (une marque de lyocell fabriquée à partir d’eucalyptus et autres feuillus, par l’entreprise autrichienne Lenzing), toutes ces fibres artificielles sont-elles écolos ?

“Il n’existe pas de fibre parfaite, prévient d’emblée Sandra Wielfaert, consultante en mode durable. Toutes ont un impact sur l’environnement. Par ailleurs, il est complexe de les comparer, car quels critères choisir ? La provenance de la matière première ? La fabrication des fibres ? La fin de vie des tissus ?”

La sustainable apparel coalition s’est essayée à cet exercice. Cette association, créée en 2009 à l’initiative de Walmart et Patagonia, rassemble aujourd’hui nombre de grands décideurs du secteur. Elle a développé un outil en ligne, le “Higg product tool”, qui attribue un score aux matériaux, permettant de mesurer leur impact environnemental sur l’ensemble de leur cycle de vie. Un textile tel que le Tencel (la marque de lyocell  de l’entreprise autrichienne Lenzing) obtient un score de 36,1 et apparaît plus intéressante d’un point de vue écologique que le coton (qui obtient un score de 101) et même que le coton bio (score de 38,3). L’affaire est cependant plus complexe car un lyocell classique, contrairement au lyocell de la marque Tencel produit par Lenzing, qui a pris des engagements écolos forts, obtient un score de 50, entre le coton et le coton bio, donc.

Pour évaluer le caractère écolo de ces fibres artificielles, deux critères sont particulièrement prégnants : la provenance de la matière première et l’utilisation de produits chimiques au cours du processus de production.

L’approvisionnement des matières premières en progrès

Pour ces fibres “nouvelles”, la première problématique est la provenance des matières premières. La plupart sont fabriquées à partir de pulpe de bois. Chaque année, 150 millions d’arbres sont ainsi abattus pour fabriquer des fibres cellulosiques. “Si les forêts ne sont pas gérées de manière durable, elles contribuent donc très fortement à dégrader la biodiversité, explique Sandra Wielfaert. Et comme la majorité provient de Chine, se pose également la question de la traçabilité des matières premières, très complexe à obtenir dès lors que la provenance est asiatique.”

Ces dernières années, de gros progrès ont néanmoins été réalisés. L’ONG Canopy accompagne désormais la plupart des fabricants de fibres cellulosiques et promeut une plus grande traçabilité. Le risque d’approvisionnement dans des forêts anciennes ou menacées est encore élevé mais entre 40 et 50 % des fibres cellulosiques sont désormais issues d’une forêt certifiée FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières), selon le dernier rapport de Canopy.

“Le risque provient aussi du passage à grande échelle, explique Anne Perwuelz, chimiste spécialisée dans le textile et enseignante-chercheuse à l’École nationale supérieure des arts et industries textiles (Ensait). Il faut se méfier des bonnes idées, prévient-elle. Il est difficile de prévoir une surexploitation des ressources avant le passage à grande échelle. Souvenez-vous de l’exemple de biocarburants.”

Attention aux produits chimiques

Pour produire ces « nouveaux textiles », une transformation chimique est donc nécessaire. Quand il s’agit de pulpe de bois, cette dernière est prélevée, avant d’être trempée, déchiquetée, puis traitée. Elle est ensuite dissoute chimiquement avec un solvant, extrudée en filaments, qui sont étirés pour obtenir un fil. Le procédé implique l’utilisation de produits chimiques nocifs, ainsi qu’une importante consommation d’eau et d’énergie et le rejet de gaz toxiques. “En Chine, les usines ont pendant longtemps rejeté leurs polluants directement dans les rivières. Aujourd’hui, elles le font moins. Mais elles le font toujours”, regrette Sandra Wielfaert.

On commence pourtant à fabriquer en circuit fermé. C’est particulièrement vrai pour certains lyocell. “Le solvant n’est pas rejeté, il est récupéré, explique Anne Perwuelz. On utilise également moins d’eau. Pour le pinatex aussi, qui se présente comme une alternative au cuir animal à base de feuilles d’ananas, la production se fait en circuit fermé.

La présence de ces produits potentiellement toxiques est problématique pour la préservation de l’environnement, mais également en matière de santé. Quel peut être l’impact de ces produits sur les travailleurs qui produisent ces textiles et sur les consommateurs qui les portent ensuite ? Heureusement, certaines marques ont aujourd’hui à cœur de mettre au point des processus plus propres et plus respectueux de l’environnement et des hommes.

Un pantalon de coton pour deux pantalons de viscose

La question de la résistance dans le temps de ces nouveaux matériaux se pose également. “Les textiles de type viscose durent moins longtemps, indique Jeanne Meillier, du Centre européen des textiles innovants, EuraMaterials. En schématisant, on pourrait dire qu’on aura besoin de deux pantalons en viscose pour tenir aussi longtemps qu’avec un pantalon en coton.”

“Cette différence provient de la taille des fibres, explique Anne Perwuelz. Les fibres cellulosiques sont plus courtes, leurs propriétés mécaniques sont moins importantes. Dans l’eau, en particulier, elles deviennent plus molles, plus fragiles, car elles sont très absorbantes.” Ces tissus résistent moins bien à des lavages répétés, en particulier à haute température. Tous les textiles ne sont cependant pas logés à la même enseigne. Le lyocell reste certes moins résistant que le coton, mais l’est davantage que la viscose. Chaque fibre a ses propres propriétés.

Recycler, décycler, biodégrader ces nouveaux textiles

L’avantage est que la plupart de ces fibres sont tout aussi recyclables que le coton. Et sont biodégradables (sous réserve qu’elles ne soient pas bourrées de produits chimiques). Coton et lyocell peuvent même être recyclés et réutilisés ensemble.

Cette étape de la vie des produits est plus problématique lorsqu’il s’agit de fibres mélangées, qui bien souvent, ne peuvent être recyclées. Aucune fibre n’est parfaite.

 

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