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Entretien

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Jennifer Oses, une écotoxicologue positive et bienveillante

"Les toxiques ont envahi nos maisons mais il y a des alternatives"

Jennifer Oses, écotoxicologue.

Paru le 24 novembre 2020, modifié le 20 janvier 2022

Ecrit par Elsa de Mon Quotidien Autrement

Jennifer Oses, écotoxicologue, a fondé en 2018 son cabinet, Pollens, à Bordeaux. Elle propose de l’évaluation des risques en écotoxicologie, de la sensibilisation et des ateliers en santé environnementale.

L’écotoxicologie, c’est quoi et comment devient-on écotoxicologue ?

C’est l’étude du devenir et des effets des substances toxiques produites par l’activité humaine sur l’environnement, les animaux et la santé humaine. J’ai fait un master d’écotoxicologie et de chimie de l’environnement, et aujourd’hui, je me consacre à la santé environnementale.

Estimez-vous que les gens sont suffisamment informés à ce sujet ?

Pas vraiment, les gens sont de plus en plus sensibles aux sujets environnementaux mais la plupart du temps, lors de mes ateliers, ils découvrent que les toxiques ont envahi leur maison. Ces substances sont partout : dans les meubles, la décoration, les textiles, les cosmétiques… Par exemple, les canapés et les matelas reçoivent souvent un traitement retardateur de flammes, qui est toxique. Bien sûr, cela a un intérêt mais il faut se poser la question du bénéfice et des risques.

Quelles sont les personnes les plus à risque ?

Il  y a des populations plus sensibles : les bébés, les ados, les femmes enceintes ou en âge de l’être. Par exemple, les bébés sont plus exposés aux substances chimiques parce qu’ils sont en pleine croissance : ils mangent plus, respirent plus vite, mettent tout à la bouche… Ils sont au ras du sol donc sont exposés à des substances différentes de celles des adultes.

Comment éviter d’être anxiogène lorsqu’on est écotoxicologue ?

L’idée c’est de présenter les faits et de proposer des solutions et des alternatives. L’important, c’est de bien expliquer que le corps humain est une machine très perfectionnée capable de se défendre mais qu’aujourd’hui, elle se retrouve saturée de substances toxiques. C’est pourquoi retirer un certain nombre de ces substances peut permettre à la machine de bien fonctionner. Et donc de rester en bonne santé malgré le fait que nous ne serons jamais en présence d’un environnement « 0 toxique ».

Il s’agit de réduire son exposition. Tout simplement en consommant moins. On nous fait croire qu’il faut une crème pour le visage, pour les mains, pour le corps… Une seule suffit. En cosmétique, la réglementation oblige les fabricants à noter tous les ingrédients : choisissez une crème avec moins de dix ingrédients, c’est déjà bien assez, et avec un label, qui limite le nombre d’ingrédients toxiques. Pour l’entretien, on peut faire beaucoup avec du bicarbonate, du vinaigre blanc et du savon noir.

Certains publics sont très exposées aux polluants, les femmes de ménage, par exemple. Comment les informer des dangers potentiels ?

A Bordeaux, en collaboration avec la Fédération des acteurs de la solidarité Nouvelle Aquitaine, nous formons les professionnels qui accompagnent les publics précaires à passer les messages de santé environnementale, en douceur. Je sensibilise également des professionnels de tous les horizons sur ces sujets.

Quels genres d’ateliers organisez-vous ?

J’organise des ateliers de sensibilisation avec le Wecf, un réseau mondial d’associations féminines et environnementales, sur les produits du quotidien : cela peut concerner la cuisine, le ménage et l’entretien, les jouets des enfants, la décoration et l’ameublement… En effet, un certain nombre de ces produits augmente la pollution de l’air intérieur. Et l’isolation performante de nos maisons auquel s’ajoute le manque de ventilation des pièces (surtout en période hivernale) augmente grandement les risques pour notre santé.

L’idée, dans mes ateliers, c’est d’expliquer l’ensemble des risques pour notre santé, de trouver des alternatives et/ou de réduire notre exposition. Ainsi on peut accompagner les participants au changement avec bienveillance et sans jugement.

A l’heure actuelle, je propose moins d’ateliers destinés au grand public, je le fais pour des professionnels ou des structures qui m’en font la demande. Vous pouvez vous rendre sur le site de la Wecf pour voir si elle en propose dans votre région. Beaucoup d’assos écolos proposent aussi des ateliers, mais qui sont plus axés sur les tutos « do it yourself ».

Pour plus de renseignements, voir le site du cabinet fondé par Jennifer Oses : Pollens

Avis sur : Jennifer Oses, une écotoxicologue positive et bienveillante

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