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Connaissez-vous les trois entreprises les plus polluantes au monde ?

Ce sont de véritables criminels climatiques qui méprisent complètement la planète et les enjeux écologiques.

Criminels climatiques de Mickaël Correia.

Paru le 13 septembre 2022, modifié le 19 septembre 2022

Ecrit par Déborah

Si l’on vous demandait de nommer les trois entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre au monde, sauriez-vous les identifier ? C’est peu probable. Car « si parmi les plus grands régurgiteurs de CO2, on retrouve les célèbres mastodontes Shell, Total, ExxonMobil, Chevron ou BP, les trois premières multinationales climaticides au monde sont peu, voire pas du tout connues du grand public », explique Mickaël Correia, dans Criminels climatiques. Fruit de deux ans d’enquête ce livre, écrit par le journaliste de Mediapart, spécialiste des questions énergétiques, nous dévoile comment ces entreprises polluantes déploient un impressionnant arsenal de stratégies pour faire perdurer leur empire fossile. Car c’est bien d’entreprises qui exploitent des énergies fossiles dont il est question. La première Saudi Aramco, premier exportateur international de pétrole, a rejeté en 2019 1,93 milliard de tonnes d’équivalent Co2. « C’est plus de quatre fois et demie que ce que la France a émis cette même année », souligne Mickael Correia. Le deuxième, China Energy, champion chinois du charbon, a émis 1,55 milliard de tonnes. Le troisième, qui s’est fait connaître au grand public dernièrement, est Gazprom, premier producteur international de gaz russe. Il crache quant à lui 1,53 milliard de tonnes par an.  « Aujourd’hui, si ce trio climaticide était un pays, il incarnerait la 3e nation la plus émettrice de gaz à effet de serre, derrière la Chine et les États-Unis. »

Elles continuent à développer massivement leurs activités polluantes

Le pétrolier saoudien continue d’investir des milliards de dollars chaque année pour extraire et commercialiser son or noir. Mais il mise aussi énormément sur le plastique pour rendre le pétrole encore plus rémunérateur. Le PDG d’Aramco a même annoncé un investissement de 100 milliards de dollars d’investissements dans la pétrochimie au cours de la prochaine décennie. La société ambitionne aussi de se positionner sur le marché des gaz de schiste.

Depuis l’accord de Paris, fin 2015, Gazprom a pour sa part augmenté sa production de gaz de 20 % et prévoit une hausse similaire d’ici à 2030. L’entreprise russe a fortement développé ses activités en Europe si bien qu’elle fournissait jusqu’à récemment, environ 40 % du gaz sur le Vieux Continent et approvisionnait accessoirement directement 15 000 entreprises et collectivités françaises, sans oublier Engie. Pour continuer à se développer, le Russe prévoit d’ouvrir un nouveau front d’exploitation visant à faire de Yamal (péninsule russe en plein cercle arctique, royaume des Nenets et des rennes) un « nouveau Qatar », en construisant un gigantesque site gazier.

De son côté, China Energy développe des dizaines de centrales à charbon à travers le globe et projette l’ouverture de deux méga-exploitations minières en Australie en 2022. Elle construit nombre de centrales en Asie du Sud et en Afrique – « bas de gamme » puisque la réglementation environnementale est moins contraignante – alors même que certains de ces pays sont déjà en surcapacité. Un exemple : China Energy se développe fortement au Bangladesh et y a récemment construit une nouvelle centrale. L’État bangladais doit payer chaque mois près de 20 milliards de dollars à China Energy pour ces nouvelles capacités de production. Pourtant, la moitié de l’énergie que peut produire la méga-infrastructure chinoise n’est pas distribuée aux habitants, le réseau d’électricité du pays étant encore sous-développé.

Elles travaillent leur image et sont des pros du lobbying

Dans le même temps, ces entreprises polluantes déploient diverses stratégies pour redorer leur image et faire oublier le caractère « climaticide » de leurs activités. Gazprom est par exemple un actif mécène, notamment en France. Il a participé au financement d’évènements culturels tels que l’exposition sur le tsar Pierre le Grand à Versailles en 2017, l’exposition « Sainte Russie » du Louvre en 2010 ou encore le ballet Le Sacre du Printemps, à l’occasion des cent ans du Théâtre des Champs Élysées. Le gazier russe investit également dans le football, en particulier en Allemagne, où il est sponsor numéro 1 du club Schalke 04. Et est très familier de la pratique des « revolving doors » qui consiste à débaucher des personnalités politiques qui possédaient un pouvoir de législation ou de régulation dans son champ d’activité. Le coup le plus « spectaculaire » : l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, a quitté la politique pour occuper le poste de président du conseil de surveillance de Nord Stream, le pipeline qui approvisionne toute l’Europe en gaz russe.

Le géant chinois investit quant à lui massivement dans l’énergie éolienne. Des projets qui ne sont pourtant que « de l’habillage politique » selon John Seaman, chercheur expert en géopolitique de l’énergie et des ressources naturelles en Asie à l’Institut français des relations internationales (Ifri), cité par Mickaël Correia. Il déploie aussi une intense activité de lobbying en Chine au sein du conseil chinois de l’électricité, une organisation composée des 16 plus grandes entreprises énergétiques du pays.

Elles font fi des réglementations

Il faut dire que la stratégie de développement de China Energy va à l’encontre même de la volonté des dirigeants chinois qui ont annoncé en 2020 avoir comme objectif de commencer à faire baisser les émissions de Co2 avant 2030, et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060 et limite donc le développement de nouveaux projets au charbon. Mais les sociétés chinoises continuent à développer illégalement leurs centrales. « Les pollueurs climatiques du pays, China Energy en tête, étaient à l’été 2018, en train de développer en catimini 259 gigawatt de capacité de production au charbon, soit l’équivalent de toutes les centrales thermiques des États-Unis », relate le journaliste de Mediapart.

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Les commentaires :

Bonjour,
Je me permets quelques suggestions au sujet de votre article qui me parait relativement à charge.
Les chiffres d’émissions sont à rapporter à la capacité d’énergie produite typiquement le KWH ou le TWH.
Quand on est le premier producteur mondial, on pollue plus par définition. Et en toute rigueur, c’est l’efficacité du processus qu’il faut étudier. Est-ce que pour un TWH produit, la quantité de CO2 relachée diminue dans le temps ? Pour mémoire nos industries, nos biens de consommations, nos modes de vie dépendent au global sur la planète à 70-80% des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) et cela nécessite une période de transition (objectifs à 2050-60 par ex.). Tirer sur le pianiste alors que les populations « consomme » sa musique n’est pas « fair ». La question plus pertinente est comment celui-ci améliore son efficacité, innove et investit aussi dans des domaines plus vertueux.
Autre point, les ENR n’étant pas des énergies pilotables, elles ont besoin de centrales pilotables à la demande si déployées à grande échelle. Dans le meilleur des cas ces centrales sont au gaz et sinon au charbon comme par exemple en Chine doté de grandes réserves. Je vous invite si pas déjà fait à consulter https://theshiftproject.org/ et Le Monde sans fin, miracle énergétique et dérive climatique. Par Christophe Blain, Jean-Marc Jancovici · 2021
Enfin, pour avoir travaillé avec des Chinois, il n’y a pas d’entreprise qui puisse aller à l’encontre des dirigeants politiques Chinois rien d’autre que le PCC a moins de considérer la Chine comme une vraie démocratie. Les objectifs annoncés par la Chine ne précisent pas la trajectoire. Leur objectif est d’être vertueux sur le long terme mais pas au détriment du développement du Pays et de son industrie en tant que « usine du monde » à court / moyen terme. Tout cela est orchestré et appliqué à la lettre (cf. comment sont traiter certains dissidents même hauts placés).
Le raisonnement sur les produits finis arborant une étiquette CO2 émis prenant en compte toute la chaîne de valeur de production voire sur le cycle de vie serait pertinent. Cela permettrait de discréditer, d’un point de vue CO2, des biens de consommation…
Voilà une réaction à chaud sur laquelle nous pouvons revenir si vous le souhaitez ?
Cordialement,
Patrick Valaix

Bonjour et merci pour votre message. Comme nous l’avions exprimé dans notre newsletter, nous sommes bien conscients que pour les entreprises qui travaillent dans les secteurs du gaz, du charbon et du pétrole, il est difficile de faire bon ménage avec l’écologie. Nous sommes également conscients qu’il est impossible d’être en 100% ENR. Nous avons explicité ce point dans notre article : https://www.monquotidienautrement.com/dossiers/energies-renouvelables/ Nous nous sommes d’ailleurs appuyé sur le Le Monde sans fin, de Christophe Blain et Jean-Marc Jancovici que nous avons également mis en avant dans Mon Quotidien Autrement : https://www.monquotidienautrement.com/livres/monde-sans-fin-christophe-blain-jean-marc-jancovici/
Ce que nous reprochons aux 3 multinationales citées dans l’article est de ne pas avoir agi et de continuer à de pas agir de manière responsable. En étant conscientes il y a des années de l’impact de leurs activités, ces entreprises auraient dû se diversifier et investir massivement dans les ENR. Elles ne l’ont pas fait et aujourd’hui, elles poursuivent, en toute connaissance de cause, des investissements délétères pour la planète : gaz de schiste, construction de centrales à charbon « bas de gamme » en Asie du Sud et en Afrique puisque la réglementation environnementale y est moins contraignante, construction d’infrastructures gigantesques extrêmement nuisibles à l’heure où l’on parle de sobriété, de local et micro centrales. A l’heure aussi où, en France, la loi Pacte inscrit la RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) dans la loi à travers la modification de l’objet social des sociétés (article 1833 du Code Civil). Mais évidemment, il « ne s’agit que » d’une loi française sans portée internationale …

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