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Entretien

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Une alimentation saine et durable est-elle possible ?

On fait le point avec Valentin Bellassen, spécialiste en économie de l'alimentation.

Valentin Bellassen, directeur de recherche en économie de l'alimentation à l'Inrae, explique les leviers pour l'accès à une alimentation saine et durable © DR

Paru le 10 octobre 2022, modifié le 18 mars 2023

Ecrit par Mathilde de Mon Quotidien Autrement

Une alimentation saine et durable est-elle possible ? Quand on connaît l’impact carbone de toute la chaîne alimentaire en France, la question mérite d’être posée. Nous avons interviewé Valentin Bellassen, directeur de recherche en économie de l’alimentation à l’Inrae.

Qu’est-ce qu’il faut mettre dans notre assiette, pour manger sainement et durablement aujourd’hui ?

Je dirais en premier lieu qu’il faut faire attention aux lieux communs, car les recommandations nutritionnelles ont énormément évolué ces 20 dernières années, grâce à des études qui ont permis d’évacuer de fausses prescriptions, sur la viande par exemple. Le programme national nutrition santé (PNNS), connu sous le nom de la campagne Manger Bouger, suit bien la littérature scientifique sur le sujet et affirme désormais qu’il faut manger moins de viande rouge et moins de charcuterie. Il préconise par contre d’augmenter les apports de fruits et légumes et de légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches…). Globalement, les études montrent qu’on n’a pas besoin de viande pour avoir des apports suffisant en protéines. Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas besoin de produits animaux, comme le poisson ou les produits laitiers par contre.

Le premier geste, c’est donc de réduire la viande ?

Oui, parce que la production de viande représente au moins les 2/3 des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’alimentation. C’est donc le premier levier à actionner. J’ai envie de dire : si vous êtes déjà flexitarien – c’est-à-dire si vous mangez de la viande seulement une à deux fois par semaine – vous avez déjà fait l’essentiel du trajet. Ensuite, il faut se tourner vers une alimentation produite avec le moins de produits phytosanitaires possibles, qui ont des conséquences néfastes sur les plans sanitaires et environnementaux. Le label bio est celui qui intègre le plus de critères environnementaux, il y a aussi certaines AOC [Appellation d’origine contrôlée] ou IGP [Indication géographique protégée]

Est-ce que c’est plus cher de manger sainement et durablement ?

Selon les études, les fruits et légumes sont effectivement trois à quatre fois plus chers par calorie que les féculents ou les produits sucrés. Pour autant, les statistiques montrent que ce ne sont pas forcément les riches qui mangent mieux. A priori, c’est plutôt le niveau d’éducation qui joue que le niveau de revenus. Ceci dit, toutes les catégories de personnes sont sensibles au prix des biens : si vous baissez le prix des fruits et légumes, les classes moyennes comme les riches vont a priori en consommer plus. Puis surtout, si vous mangez moins de viande – qui coûte souvent cher – vous pouvez mettre le surplus dans l’achat de fruits et légumes, en bio aussi si possible.

Quels sont les leviers à actionner pour se tourner vers ce type d’alimentation ?

On peut jouer sur des incitations non monétaires, comme la sensibilisation, ou sur des incitations monétaires, comme donner de quoi acheter des produits sains. Les études montrent que les incitations monétaires donnent lieu à plus de changements d’habitude. Dans un projet que je coordonne à Dijon, on distribue par exemple des sortes de chèques restauration uniquement dirigés vers les fruits, les légumes et les légumineuses. Des personnes réfléchissent aussi à la Sécurité sociale alimentaire pour rembourser les achats alimentaires. Dans ce cas, il faudrait que la viande ne soit pas remboursée. D’ailleurs, la pollution générée par la viande n’est pas du tout prise en compte dans son prix, alors qu’il y a une taxe sur les sodas sucrés ; on pourrait faire la même chose. Puis si on veut être cohérent, il faudrait rediriger les aides de la Politique agricole commune de l’UE, qui subventionne avant tout la production animale et pas la production maraîchère…

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