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Des gens qui se bougent

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Découvrez les jardins comestibles de Florence Battut

L'association sensibilise les habitants aux jardins comestibles et à la permaculture.

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Paru le 17 avril 2018

Ecrit par Elsa de Mqa

Une pêche dégustée juste après l’avoir cueillie, des courgettes encore un peu terreuses qu’on s’empresse de cuisiner… Dur de trouver un petit plaisir qui ne soit pas autant partagé. Certaines décident même de s’y consacrer, comme Florence Battut. Il y a deux ans, elle a créé l’association Le Jardin d’Amélie, à Meudon (Hauts-de-Seine), qui promeut les « jardins comestibles ». Pourquoi Amélie ? Du nom de sa grand-mère qui avait un potager et qui a appris à Florence le travail et l’amour de la terre.

Qu’est-ce qui vous a poussée à créer Le Jardin d’Amélie ?

Je me suis rendue compte que ce que je mangeais n’avait pas de goût. J’ai eu toute ma vie une connexion avec la terre nourricière, puis je suis devenue citadine et hors sol. J’ai voulu replonger dans mes racines. Ça a été une vraie reconversion : j’étais dans la communication et l’univers du cinéma, même si j’ai toujours eu les mains dans la terre et une conscience écolo, et que je me suis bien sûr formée à la permaculture.

A qui voulez-vous vous adresser ?

A tout le monde. Il y a une partie pédagogique à notre activité. On veut que les gens apprennent, retrouvent des connaissances sur le végétal, et pas qu’en cuisine ! Dans le Potager du Dauphin, dont nous nous occupons à Meudon, on pourra apprendre comment se soigner avec une soupe d’ail, participer à un atelier sur la peinture végétale, etc. On intervient dans les écoles. On y parle lombrics par exemple.

Et il y a une partie permacole : on conçoit des jardins comestibles pour les particuliers ou pour des copropriétés par exemple. Chacun peut avoir une envie dans son jardin, et je suis la facilitatrice qui aide les gens à mettre des mots sur ces envies, et à les réaliser.

Jardiner en ville, c’est possible ?

En ville, aujourd’hui, on peut faire autrement, on peut arrêter de cultiver de l’ornemental et choisir plutôt de faire pousser du comestible. On peut produire notre alimentation de manière qualitative et saine, en proximité, et en préservant l’environnement, c’est une réalité !

Il existe des alternatives concrètes à l’agriculture intensive, comme la Ferme d’Avenir par exemple. Je suis dans cette logique-là : je n’ai pas vocation à faire de la production maraîchère, mais plutôt de proposer à chacun de faire un jardin comestible.

Et à Meudon, dans votre ville ?

A Meudon, les déchets alimentaires sont incinérés, alors qu’ils sont composés à 80% d’eau, ce qui m’a alertée. J’ai proposé à la Mairie un projet : on composte les déchets, on créé de la matière noble, qu’on réutilise dans un jardin pour nourrir la terre et faire pousser les légumes, suivant les principes de l’économie circulaire.

Aujourd’hui, on s’occupe donc du Potager du Dauphin, dans un parc public, avec toutes les personnes de la ville qui sont intéressées par le projet.

En général, que mange-t-on dans un jardin comestible ?

Plein de choses ! Des fleurs, comme les fleurs de capucine, que j’adore. Des fruits, venant de petits arbustes ou d’arbres frutiers selon l’espace qu’on a, et beaucoup de légumes vivaces : des poireaux perpétuels, des choux Daubenton, de la livèche… On n’est pas maraîchers ! En plus, ce sont des variétés peu cultivées par ces derniers. Eux sont soumis à un catalogue de graines autorisées, qui tue la biodiversité végétale. Voilà pourquoi il est important de produire ses légumes reproductibles, d’anciennes variétés, de sensibiliser les gens. On est les derniers gardiens du temple.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui a un petit bout de jardin à lui ?

Déjà, pensez à couvrir votre sol. Pour préserver la biodiversité, il faut le nourrir. Par exemple, lorsqu’on tond, on peut laisser sa tonte sur place, garder les feuilles ratissées et les mettre au pied des arbres ou encore pailler ses espaces de culture.

Et vous pouvez faire pousser des petits radis, ils grandissent très vite. Les salades, c’est génial aussi, ça pousse toute l’année ! Les frisées passent l’hiver au jardin par exemple. Quant aux aromatiques, nombre d’entre eux sont vivaces, comme le thym, le romarin, l’origan, la sauge… On les plante une fois et c’est bon. Et si on a une petite bordure, on peut planter des groseilliers, des framboisiers, ou des myrtilliers.

Et à un urbain qui voudrait se lancer ?

Je créerais un petit jardin aromatique sur le bord de ma fenêtre, avec de la ciboule, de la livèche, du persil… Le basilic et la coriandre, c’est déjà un peu plus compliqué. Surtout que lorsqu’on achète nos aromatiques en barquette, s’ils ne sont pas bios, ils sont blindés de pesticides. Tout ce qui est petit et fin est hyper fragile alors les maraîchers anticipent les nuisibles ou les maladies en traitant.

On s’en fait un monde, mais faire pousser des plantes demande de l’attention et un peu de régularité, mais c’est faisable si l’on prend le temps de comprendre comment cela fonctionne. L’un des principes de la permaculture, c’est de passer d’une société de consommation à une société de compréhension. Et plutôt que de vouloir tout révolutionner, on peut avancer à petits pas, sans se mettre la pression.

Avis sur : Découvrez les jardins comestibles de Florence Battut

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