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Francis Hallé : « Avez-vous déjà vu une forêt primaire ? C’est tellement beau ! »

Le botaniste veut reconstituer une forêt primaire en Europe de l'Ouest.

Le botaniste Francis Hallé.

Paru le 2 mars 2021

Ecrit par Déborah

Botaniste et biologiste, Francis Hallé est aussi un grand amoureux des arbres et spécialiste des forêts tropicales. Pourtant le défi un peu fou qu’il s’est lancé est bien ici, en Europe, et non en Amazonie ou en Asie. Francis Hallé veut reconstituer une forêt primaire en Europe de l’Ouest.

Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est une forêt primaire ?

Francis Hallé : C’est une forêt qui n’a pas été touchée par l’homme. Pas d’exploitation, pas de chasse, pas de cueillette. Ou s’il y a eu une activité humaine dans le passé, il faut que cela remonte à suffisamment longtemps pour que cette forêt soit redevenue primaire. Si l’on parle de quelques fruits ou quelques champignons ramassés, en deux ans, les traces de l’activité de l’homme ont disparu. Mais s’il s’agit d’une forêt qui a été défrichée, c’est très long. Pour une forêt de 400 ans, il faudrait attendre environ six siècles pour qu’elle retrouve son état primaire.

Où trouve-t-on encore des forêts primaires ?

Dans le monde, il en existe encore beaucoup : aux Etats-Unis, au Japon, en Russie, au Canada, au Chili, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande… Mais pas en Europe. Il en restait encore une en Pologne il y a quelques années, mais elle s’est retrouvée entre les mains d’un gouvernement qui n’avait aucune considération pour l’environnement. Malgré l’action de la Commission européenne, qui a tenté de le raisonner, le gouvernement polonais est en train de détruire la dernière forêt primaire d’Europe.

Pourquoi vouloir faire naître une nouvelle forêt primaire en Europe ?

C’est avant tout une réaction devant ce manque de sensibilité écologique. Avez-vous déjà vu une forêt primaire ? C’est tellement beau ! En Europe, aujourd’hui, les forêts sont moins hautes, leur canopée est pleine de trous, la biodiversité est réduite, elles n’ont pas de grande faune. Pour citer le photographe américain James Balog, la forêt primaire est à la forêt secondaire ce que le Grand Canyon du Colorado est à un égout.

Où cette forêt pourrait-elle naître ?

Il faut que ce soit un projet transfrontalier, en Europe et que la forêt soit en plaine, car historiquement les forêts primaires européennes étaient en plaine. Pour l’heure, nous avons cinq pistes qui impliquent toutes la France mais aussi la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne. En Belgique, le relief des Ardennes m’embête un peu. Même chose avec les Pyrénées en Espagne. Au printemps, nous allons visiter ces différents lieux pour essayer de choisir le plus adéquat, dans l’idéal dès 2021.

Pensez-vous qu’un projet si ambitieux puisse aboutir ?

Je ne trouve pas qu’il s’agisse d’un projet tellement ambitieux. Nous voulons créer 70 000 hectares de forêt primaire. C’est 26 km de long. C’est n’est pas si grand. Et pour cela, il suffit de ne rien faire et d’attendre. La seule chose qui pourrait mettre à mal le projet est un manque de soutien. Si l’on ressent une réticence, de la part des personnes habitant à proximité, des chasseurs ou des agriculteurs, nous ne pourrons pas choisir ce lieu. Il faut un soutien local fort.

Serait-il tout de même possible de se promener dans cette forêt ?

Bien sûr. Une forêt primaire est un patrimoine commun. Les visites sont autorisées et souhaitées. Il suffit de mettre en place certaines règles, comme dans les parcs nationaux américains, à savoir limiter le nombre de visiteurs en simultanée et ne pas marcher sur le sol, ce qui tuerait les arbres. Pour éviter cela, on crée des passages en bois surélevés.

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