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Quand le végétarisme était considéré comme une secte ridicule

Le régime sans viande a toujours eu des détracteurs.

Guiseppe Arcimboldo a réalisé de nombreux portraits à base de légumes et plantes.

Paru le 27 août 2019

Ecrit par Déborah

« Abstenez‐vous, mortels, de souiller vos corps de mets abominables. […] Ce sont les bêtes qui assouvissent leur faim avec de la chair. […] Quel crime n’est-ce pas d’engloutir des entrailles dans ses entrailles, d’engraisser son corps avide avec un corps dont on s’est gorgé et d’entretenir en soi la vie par la mort d’un autre être vivant ! »

Si vous pensiez que le végétarisme était apparu en même temps que l’association L214, il est temps de vous replonger dans vos classiques. On doit cette charmante ritournelle à Ovide. Le poète latin a écrit ces mots il y a plus de 2000 ans. Et avant lui, déjà, Pythagore et ses disciples refusaient de manger viande ou poisson. D’ailleurs, longtemps, on a parlé de régime « pythagoricien » ou « pythagoréen » pour les régimes sans viande. Le mot « végétarien » n’est apparu que dans la première moitié du 19ème siècle en Angleterre.

Les végétariens moqués dans la presse

Mais les végétariens ont toujours eu leurs détracteurs. La bibliothèque nationale de France (BNF) s’est replongée dans les archives des journaux du XIXème et du XXème siècles. Et alors que la première association de végétariens est née en Angleterre en 1847 et qu’à la même époque, le végétarisme trouve des adeptes en Allemagne et aux Etats-Unis, en France, l’idée apparaît au mieux comme « bizarre ». Souvent, le végétarisme est décrit comme une secte.

Les journalistes se moquent de ce mouvement, comme dans cet article du Temps, après la tenue d’un congrès en Allemagne : « Sois heureux, ô Pythagore ! Cent cinquante végétariens se sont réunis jeudi dernier, à Berlin, dans un banquet où ils ont confessé leur foi en ne mangeant que des légumes arrosés d’eau claire. Au dessert, des toasts ont été portés avec de l’eau de groseille.La Société des végétariens, fondée depuis un an, compte quatre cents membres. Très bien ; mais nous verrons si dans dix ans elle en comptera quatre mille. »

Viandards contre végétariens

Le végétarisme est aussi ouvertement discrédité : « L’accroissement des consommations animales est un progrès de bon aloi dont il faut se garder de gémir. Non seulement il témoigne de plus de bien-être, mais la physiologie l’appelait et le justifie. J’ose le répéter après les savants, au risque de m’attirer les anathèmes de l’honorable secte des Végétariens » (Journal des débat politiques et littéraires, 1857).

A partir de la fin du XIXème siècle, les mentalités commencent à évoluer et on trouve également dans la presse des défenseurs du régime sans viande.

Aujourd’hui encore, le débat demeure. La France compte 3 % de végétariens (OpinionWay, 2016), selon l’institut d’études Xerfi, en 2018, le marché des produits végétariens et végan a augmenté de 24 %, et en 10 ans, la consommation de viande a chuté de 12 %, selon le Credoc. Mais ce régime fait toujours l’objet de vives critiques et inquiète, particulièrement dans ses formes les plus extrêmes. Pour preuve, le dernier rapport annuel publié par la Miviludes, l’organisme gouvernemental qui surveille les dérives sectaires en France, indique qu’un signalement sur deux concerne « les comportements alimentaires extrêmes ». « En lien avec la question de l’exploitation animale et du végétarisme se développe une forme d’extrémisme (…) qui peuvent mettre en danger les adeptes et particulièrement les enfants », dénonce le rapport.

Dans le doute, vous pouvez toujours vous mettre au flexitarisme !

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Les commentaires :

Ne confondez pas végétarisme et véganisme. Votre second paragraphe fait un amalgame qui porte à confusion. certes il renforce votre opinion …. mais il est troublant. Si le végétarisme est une diète spécifique, elle n’est point extrême car les sources de protéines animales sont présentes, ce qui n’est pas le cas du véganisme. Nous sommes ici dans l’extrémisme, il est très difficile de ne pas être carencé au long court et les nombreux adeptes de ce type de régime, grand prêteur médiatique sont, pour certains, pris le steak dans la bouche, excuses médiatiques en prime….
Mangez de tout avec parcimonie, ne se priver de rien et surtout regarder la provenance et les conditions d’élevage et de culture restent encore les meilleurs atouts pour notre culture (culinaire, bien sûr!).

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