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Timide comme un arbre

Un mystère scientifique et poétique.

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Paru le 20 août 2019

Ecrit par Elsa de Mqa

Les arbres, timides ? Comme vous, enfant, un premier jour de classe ? Bon, laissons-nous aller à un petit peu d’anthropomorphisme – vous savez, comme quand vous pensez que votre chat est triste après un week-end passé sans vous, alors qu’il est juste groggy de sa sieste. Si on se permet d’attribuer ce sentiment fort humain aux arbres, c’est qu’on est pas les premiers : la timidité des arbres est étudiée depuis les années 60 et désigne le fait que certains arbres s’évitent soigneusement, comme par politesse. « Entre deux cimes proches, on constate l’existence d’une fente de timidité d’environ 50 cm de largeur », résume le botaniste Francis Hallé, dans le livre Le radeau des cimes (Ed Lattès) – du nom d’expéditions scientifiques consacrées à la biodiversité de la forêt.

Cette timidité ne touche pas toutes les essences : en Europe, ce sont les pins parasols et les chênes verts qui peuvent en être atteints.

Mais comment diable les arbres maîtrisent-ils si bien l’art de laisser un peu d’intimité à leurs voisins ? Comment savent-ils agencer ensemble la canopée – un autre mot poétique, qui désigne l’étage supérieur de la forêt ? Est-ce que les arbres se parlent, comme on peut le lire dans le joli bestseller de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres (Ed Multimondes) ?

« Il est vraiment difficile de déterminer si une plante qui libère des éléments chimiques le fait de manière intentionnelle pour transmettre des informations à une autre plante. Je réagis moi-même aux éléments chimiques dégagés par des oignons en train de frire… ce qui ne signifie pas pour autant que les oignons sont en train de me parler », dit quant à lui Stuart Thompson, chercheur en botanique à l’université de Westminster, dans une tribune.

En tout cas, certains scientifiques penchent pour un échange de messages gazeux, qui permettraient aux arbres de savoir quand ils doivent stopper leur feuillage. C’est la thèse de deux étudiants gabonais, qui ont hissé dans un arbre « deux aspirateurs à membrane équipés de capteurs de molécules volatiles », comme le raconte Le radeau des cimes. « Incertitude de la recherche : la température de la canopée a atteint 50°C au soleil et les aspirateurs ont fondu. La timidité garde son mystère ».

Un mystère qui passionne nombre de scientifiques, mais aussi certains artistes. « L’observation poétique de ce phénomène remet en question certaines lectures modernes d’une nature hégémonique, où prévaudrait la lutte pour la survie du plus fort », peut-on lire par exemple dans la présentation d’une exposition à Metz, appelée « La timidité des cimes  » en 2016. « Est-il possible de promouvoir de nouvelles formes de vivre ensemble au-delà de l’individualisme et de la compétition globale, quand bien même cet objectif nous semble presque impossible à atteindre ? »

Quelle que soit l’explication rationnelle à ce phénomène – qui touche aussi les racines ! – on peut effectivement se contenter de sa poésie… Voire en extraire une portée politique.

Vous voulez plus d’images de la timidité des cimes ? Dimitar Karanikolov, un photographe bulgare, l’a filmée au dessus d’une forêt mexicaine.

Crédit Dog Peak / Flickr

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