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Le blues du train de nuit

Ecolo, économique ... Et pourtant, seules deux lignes résistent...

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Paru le 17 décembre 2018

Ecrit par Elsa de Mqa

Le point sur

« Les trains de nuit, j’aimais bien, c’était un autre « univers ». Ils étaient évocateurs de destinations lointaines avec leurs dénominations exotiques telles que « Orient Express », « Arlberg Express ». Il y avait le petit côté magique de la nuit, quand on veille sur un train entier rempli de gens assoupis, puis quand on les voit se réveiller à l’aube au milieu des Pyrénées, un peu groggy. » Ce témoignage dans l’Obs d’un contrôleur de train appartient au passé, ou presque. Seules deux lignes de train de nuit résistent : le Paris-Briançon et le Paris-Rodez/Latour Carol. Fini le Paris Nice, le Paris-Hendaye, la transversable Luxembourg/Strasbourg – Nice/Port Bou… Et pourtant, ce moyen de transport est inestimable. Ecolo, il permet en plus de désenclaver certains territoires, non accessibles en TGV.

« Il a été décidé de tout miser sur la grande vitesse qui rapproche effectivement les grands centres urbains, mais qui éloigne de fait les territoires intermédiaires et ruraux. Or, plus de 60 % de la population française vit en dehors des grandes agglomérations ou métropoles. Avec la suppression des trains de nuit, on intensifie la désertification des villes moyennes et des campagnes », explique l’architecte Nicola Delon, interrogé par StreetPress.

Pour comprendre pourquoi ces lignes ont presque toutes disparu, Mon Quotidien Autrement a papoté avec Lorelei Limousin, responsable des politiques transports au Réseau Action Climat, et membre du collectif Oui au train de nuit.

Que reproche-t-on au train de nuit ?

La grande majorité des lignes de train de nuit ont été fermées en France ces dernières années en raison de leur manque de rentabilité selon la SNCF et l’État. Or cette conclusion nous a paru plutôt hâtive : non seulement les chiffres avancés par le ministère étaient biaisés (la fréquentation des trains de nuit était plus élevée que la moyenne des trains Intercités) et surtout, tout a été fait pour désintéresser les voyageurs des trains de nuit, plutôt que de renforcer leur attrait. Les informations sur les billets de train et les trains en fonctionnement étaient disponibles à la dernière minute, il n’y a plus depuis bien longtemps de service restauration dans ces trains, etc. Quand on veut tuer le chien, on l’accuse d’avoir la rage…

Est-ce un moyen de transport économique ?

Le train de nuit bénéficiait d’une diversité de tarifs (du siège inclinable à la couchette en première classe, les prix variaient fortement), quand les billets étaient mis à la vente assez en amont… Le train de nuit peut s’avérer plus économique que l’avion ou la voiture, surtout quand on économise du temps et une nuit d’hôtel !

Est-ce qu’en Europe, certains pays ont fait le pari du train de nuit ?

La relance d’un réseau international par l’Autriche a montré qu’en améliorant la qualité de service, les trains de nuit atteignent l’autofinancement dès la première année.

Vous parlez du train de nuit comme d’une « mobilité d’avenir », pourquoi ?

Pour lutter contre les dérèglements climatiques et limiter la hausse des températures à 2°C et 1,5° autant que possible il est nécessaire de se passer au plus vite d’énergies fossiles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le train de nuit, comme les autres trains, a un avantage comparatif significatif en termes d’efficacité et d’émissions de gaz à effet de serre par rapport à la voiture ou à l’avion. Selon les chiffres de l’Ademe, en France une personne émet en moyenne 6,4 g CO2/ km pour parcourir un kilomètre en train Intercités (dont train de nuit) contre 27 g en voiture et 39 g en avion !

Quelles mesures préconisez-vous ?

Pour offrir une solution alternative, nous attendons de l’État qu’il définisse avec le parlement un schéma national – voire européen – de services ferroviaires, en relançant notamment les lignes de trains de nuit qui ont été fermées. Cela suppose d’investir dans le matériel pour que le train donne envie et d’opter pour un plan de désenclavement des territoires qui ne mise pas sur le tout routier mais fait la part belle au train, assure un avenir aux dessertes et aux petites gares qui ont été récemment fermées…

Les trains de nuit disparaissent, mais plus globalement, c’est tout le réseau ferroviaire qui est attaqué. Pourquoi le gouvernement a à cœur de favoriser la voiture, l’autocar, ou l’avion ?

Globalement car le gouvernement n’a pas changé de logiciel et ne mise pas assez sur le report modal – le fait de changer de moyen de transports – pour réduire et améliorer la mobilité des gens alors que la majorité d’entre eux y aspirent ! L’influence d’industries comme la filière aérienne ou automobile sur les décisions politiques n’est évidemment pas sans lien.

L’autocar est perçu comme moins coûteux que le train, mais c’est principalement parce que les autorités ferment les yeux sur ses coûts externes en terme de nuisances (pollution, endommagement des infrastructures…) qui sont très élevés et assumés par les contribuables. L’avion est toujours perçu comme un fleuron de l’industrie française ou du progrès mais de manière similaire, il échappe aux réglementations environnementales (le kérosène utilisé par les avions est très peu taxé, voir ici, ndlr) et son impact sur le climat n’est pas régulé.

Avec cette politique, qui sont les oubliés de la mobilité ?

Les usagers des trains de nuit, celles et ceux qui souhaitent se déplacer de manière écologique, autrement qu’en voiture, autocar ou avion, pour leur voyage de longue distance… C’est aussi une privation de mobilité potentielle pour toute une partie de la population qui n’a pas de voiture, soit 17% aujourd’hui, et cette proportion est amenée à augmenter. Et puis, certains territoires seraient peu accessibles sans train de nuit : Briançon ou Perpignan par exemple sont très éloignés et les trains de jour ne peuvent suffire.

 

Pour signer la pétition demandant la relance des trains de nuit, c’est ici !

Crédit Flickr, Aleix Cortès

 

Avis sur : Le blues du train de nuit

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Les commentaires :

Bonjour,
c’est avec plaisir que je donne mon avis sur ce point !
pour avoir connu les trains de nuit ! c’est tout une belle ambiance dont on se prive !
et en plus c’est écolo…….
les routes sont devenues totalement impraticables………… voitures camions et mauvaise mentalité ………. plus que fréquente !
en revenant sur des choses plus simples et sans prétention, nous gagnerions en relations humaines, la convivialité arriverait spontanément……………..
Je répète quel dommage de se priver de tels moments qui rendraient les français bien plus heureux, trop connus pour leur moral à zéro !
Bon Noël en tout simplicité, car c’est ainsi que l’on apprécie le plus les choses !
Hélène LE BRIS
=
ln

J’ai utilisé le train de nuit MARSEILLE LILLE A/R pendant 12 mis .
Je me souviens avoir croisé des parcours insolites.
Un homme cadre dans un usine textile a un jour accompagné, avec son épouse , sa fille qui avait trouvé un jOb sur ANTIBES

Son épouse , près avoir installé sa fille, n’a plus voulu repartir dans le nord
Je le rencontrais donc un WE sur à bord du train

Quant à moi, en formation à LILLE , je passais nuits sur trois dans le train pour rejàindre mon épouse le WE

Bravo. Je prends souvent le train de nuit, compartiment femme. L’hiver, en période de ski, il est très demandé. On dort bien, on économise une nuit a l’hôtel et on peut skier tout de suite. Prenez le train de nuit

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