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Ça fait réfléchir

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Nos sols en danger

Bio et petits producteurs apportent des solutions.

Nos sols sont de moins en moins riches en biodiversité. © Brian Boucheron

Paru le 30 avril 2019

Ecrit par Déborah

Ça fait réfléchir

Il faut des siècles, voire des millénaires pour en fabriquer. On l’oublie souvent, mais les sols ne sont pas une ressource infinie. Il faut en prendre soin. Pourtant, 75 % de la surface de la Terre est déjà dégradée, selon l’Atlas mondial de la désertification. Chaque année, ce sont 4,18 millions de km2 qui sont mis en péril, soit la moitié de la surface de l’Union européenne. Le phénomène touche surtout l’Asie et l’Afrique, mais l’Europe et la France ne sont pas épargnées. En France, chaque seconde, on perd 26 m2 de terres agricoles ou naturelles au profit d’une route, d’un logement ou d’une usine. C’est l’équivalent d’un département tous les dix ans. Dans la réédition de son livre Le sol. Enquête sur un bien en péril, l’écrivain et journaliste Frédéric Denhez fait le point sur ce phénomène.

Pourquoi c’est important de préserver les sols ?

  • Ils nous nourrissent

L’essentiel de ce que l’on mange provient du sol.

  • Ils entretiennent la vie et la biodiversité

« Les nutriments, le sol les fabrique lui-même, à partir de la matière organique qui lui tombe dessus. C’est un gigantesque appareil digestif qui recycle le vivant mort en éléments nutritifs pour le vivant en croissance et à venir », explique dans son livre Frédéric Denhez.

  • Ils retiennent l’eau

Un sol vivant, bien aéré, couvert de végétation, traversé de racines, c’est comme une éponge qui se gonfle lentement de l’humidité ambiante. Alors qu’un sol sec ne peut retenir la moindre goutte d’eau et s’assèche bien plus rapidement sous le soleil.

  • Ils stockent du carbone

Le carbone est indispensable à la croissance des plantes. Dans un sol riche, plantes et animaux fabriquent des cellules, se reproduisent, meurent, et produisent ainsi une biomasse considérable, bourrée de carbone. Dans une prairie, on trouve par exemple une soixantaine de tonnes de carbone par hectare environ. Dans un champ de maïs 40 t/ha et dans un vignoble 20 t/ha.

  • Ils régulent la température

A proximité d’un sol bien végétalisé, il fait toujours moins chaud qu’au-dessus d’un parking. Quand « l’air chaud arrache des molécules d’eau au sol, de la chaleur (des calories) est consommée dans le processus. Et l’air se rafraîchit », explique Frédéric Denhez.

Les causes de cette dégradation

  • L’agriculture intensive

En cinquante ans, la taille moyenne des exploitations agricoles est passée de 15 à 63 ha. La PAC (politique agricole commune), qui verse davantage de subventions aux plus gros a favorisé ce regroupement et, par là-même, le développement d’une logique industrielle productiviste. Car « plus la surface augmente, plus il est rentable de la travailler avec de gros tracteurs et moult sacs d’engrais, de pesticides » qui polluent les sols, rappelle Frédéric Denhez. Le labour, qui perce la terre en profondeur et la retourne, est paradoxalement nocif pour les sols. Il est la bête noire des lombrics qui, en creusant leurs galeries, diffusent la matière organique dans toute la hauteur du sol et garantissent son aération. Le labour encourage ainsi le tassement des sols et leur imperméabilisation.

  • L’artificialisation

Lorsque l’on bâtit des maisons, des commerces, des terrains de sport, des routes, des centre commerciaux, ou des fermes, sur des milieux naturels, on parle d’artificialisation des terres. Selon la Cour des comptes, la surface des sols artificialisés est passée de 8,8 % à 12,4 %, entre 1960 et 2010. Les élus locaux, souvent plus préoccupés par les problématiques d’emploi et d’activité économique que par la préservation des terres agricoles et naturelles, accueillent à bras ouverts les centres commerciaux et zones d’activités. Argument supplémentaire : un terrain constructible vaut en moyenne 55 fois plus qu’un terrain agricole.

  • L’accaparement des terres

«  Plus de la moitié de la surface agricole utile française est gérée par des formes sociétaires, souvent abstraites, derrière lesquelles il n’est pas toujours possible d’identifier des propriétaires physiques », indique un rapport parlementaire rendu public en décembre dernier. Les terres agricoles sont de plus en plus l’objet de spéculation et deviennent des biens aux mains de capitaux étrangers. Cette « agriculture de firme » favorise la standardisation des productions, la perte en attractivité pour les territoires ruraux, ainsi que la perte de biodiversité.

Comment y remédier ?

  • Favoriser l’agriculture bio et, plus généralement, éviter l’agriculture intensive : moins travailler le sol, éviter les monocultures, moins utiliser de pesticides et autres produits chimiques, replanter des arbres et des haies. A la place du labour, mieux vaut opter pour le semis direct, c’est-à-dire semer sans aucun travail du sol, souvent protégé par un paillage ou d’autres plantes.
  • Sanctuariser les sols agricoles, à la façon des espaces naturels et des forêts.
  • Mettre en place un système plus transparent pour l’achat de terres agricoles.
  • Prévoir des plans d’urbanisme et/ou des taxes décourageant davantage l’artificialisation.

Que faire à notre échelle ?

  • Privilégiez les produits issus de l’agriculture biologique et de petits producteurs qui travaillent dans le respect de la terre
  • S’impliquer, financièrement ou symboliquement dans l’association Terre de liens, qui lutte contre l’accaparement des terres et accompagne l’installation de nouveaux agriculteurs
  • Financer de nouveaux types de fermes ou pourquoi pas en développer une en vous formant et obtenant des financements : consultez la plateforme Fermes d’avenir
  • Découvrir l’exemple de la Ferme Collective de Terre Rouge

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Les commentaires :

Bonjour,
article très intéressant. Est-ce qu’il serait possible de savoir à quel moment dans l’année il faut planter les haies ?

Merci,

je suis parfaitement informée et consciente de ce que vous écrivez. Mais je crains que les décisions ne soient pas à la portée de chacun. En particulier, je redoute les choix de l’Europe (elle favorise les grandes exploitations et les grandes entreprises entre autres chimiques), qui nous réduit soit à voter contre elle (en perdant le bénéfice d’une politique commune à l’Europe) soit à continuer de la laisser faire. Mon souhait personnel serait de réduire le nombre de membres, car à l’heure actuelle beaucoup de choix sont restreints à cause de la quantité et de la disparité des souhaits de ses membres

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