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Vive les semences paysannes

Parce que le vivant n'est pas une marchandise !

Du blé. Crédit : piqsels

Paru le 2 novembre 2021

Ecrit par Elsa de Mqa

« Je n’arrive pas à comprendre comment on a pu se faire spolier ce droit de planter ce que la nature nous a donné », déclarait, furax, le chef étoilé Olivier Roellinger, à Élise Lucet il y a deux ans.  Les semences sont totalement privatisées. Cela veut dire que le vivant devient artificiel. Ils se sont appropriés le vivant végétal », continuait le cuisinier dans Cash Investigation. Les responsables ? Des multinationales telles que Monsanto ou Syngenta qui brevètent le vivant. Et les États qui tardent à légiférer… En juin 2020, petite victoire : la loi française autorise désormais la vente ou l’échange de semences paysannes aux jardiniers amateurs. Mais toujours pas aux agriculteurs ! « N’oublions pas que 90 % des variétés agricoles traditionnelles ne sont plus cultivées. La culture de semences paysannes permet aussi de lutter contre la standardisation des formes, des goûts et des saveurs », rappelait la centriste Frédérique Tuffnell. Une semence paysanne, c’est une semence librement reproductible à la différence d’une semence créée en laboratoire.

Quel est le problème exactement ? Eh bien, les maraîchers doivent acheter des semences inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés de plantes cultivées. Le hic, c’est qu’il contient une infime minorité de semences paysannes. Et en plus, les fruits, légumes ou fleurs qui en résultent peuvent être commercialisés seulement en toute petite quantité. Si ces semences ne squattent pas en masse le Catalogue, c’est qu’elles ne sont pas assez stables, pas assez standardisées. « Moins productives et contrôlables, plus hétérogènes, les variétés anciennes et les savoir-faire associés ont disparu des paysages agricoles », résume Giada Bellia, qui a consacré un mémoire au métier de semencier.

Les semences hybrides rendent les agriculteurs dépendants des industriels

Quand a eu lieu ce virage ? Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’heure était à la rationalisation, au productivisme, bref, à la « modernité » et son corollaire : la standardisation des semences et l’apport de produits phytosanitaires. L’historien Christophe Bonneuil détaille : « Les variétés  « modernes » (maïs hybrides, blés Cappelle ou Étoile de Choisy, etc.) sont sélectionnées pour valoriser les intrants chimiques (car la rigidité de leur paille permet des apports accrus d’azote) et mécaniques (l’homogénéisation des variétés cultivées favorisant la mécanisation des récoltes)». Petit à petit, finie, la diversité génétique des plantes, éliminées, les variétés de pays.

Comment est-ce que des industriels peuvent s’arroger un droit de propriété sur des graines ? Eh bien parce qu’elles sont le fruit de manipulations génétiques. « C’est dans les années 50 que les premières variétés hybrides sont développées en France. Une variété hybride F1 (première génération) est obtenue par le croisement de deux variétés avec des caractères intéressants », explique la Cité de l’agriculture, une association marseillaise. Le problème ? « Si l’agriculteur choisit de re-semer les graines hybrides récoltées, alors les rendements seraient médiocres. Il est donc poussé à retourner acheter les semences hybrides pour s’assurer d’un bon rendement et devient un client captif du marchand de semences. »

De l’obsolescence programmée en somme !

Vous ne voulez pas que les semences deviennent un bien marchand aux mains de quelques multinationales ?

Ce que vous pouvez faire pour favoriser les semences paysannes :

– Demandez à votre maraîcher s’il a des fruits et légumes non issus de semences hybrides F1. On vous prévient : ils sont extrêmement rares. (Attention : le fait qu’un fruit soit bio par exemple ne veut pas dire qu’il n’est pas issu d’une graine hybride F1. De même, s’il vous vante ses « variétés anciennes », cela ne signifie pas pour autant qu’elles ne sont pas, elles aussi, des hybrides F1.
– Vous êtes jardinier amateur ? Achetez des semences paysannes, surtout pour le potager.
– Parlez du métier d’artisan semencier autour de vous  !  Vous pouvez aussi en soutenir certains comme Jardin’enVie créé par Valérie Peyret et son compagnon.

Avis sur : Vive les semences paysannes

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