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Reportage

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Le Québec en train de nuit, un doux voyage

train Une

Paru le 12 novembre 2019

Ecrit par Elsa de Mqa

Rivière-du-loup, Rimouski, Mont-Joli, Miramichi, Halifax… A l’idée de traverser une partie du Canada – 1346 kilomètres ! – sur des rails, notre cœur frétille. Car si l’on évoque de plus en plus le train comme moyen de transport écolo en France ou en Europe – rappelons qu’un déplacement en train émet au moins 10 fois moins de CO2 que le même trajet en voiture et jusqu’à 50 fois moins de CO2 que l’avion selon le réseau action climat – qu’en est-il outre Atlantique ? Moi qui suis adepte du train de nuit Paris- Briançon, qu’allais-je penser de la version canadienne ?

J’ai décidé de me lancer sur la portion appelée « La voie des Maritimes » : un départ de Montréal à 19 h pour une arrivée à Halifax le lendemain à la même heure, en passant par la rive sud du fleuve Saint-Laurent pour ensuite longer la vallée de la rivière Matapédia, traverser le Nouveau-Brunswick et rejoindre la Nouvelle-Écosse. Pas aussi long que le mythique Toronto – Vancouver (4 nuits) mais tout de même.

Arrivée dans ma cabine individuelle, je pose rapidement mes affaires et me dirige vers la voiture de services : un petit salon avec des journaux mis à disposition, un autre avec des gâteaux et des boissons chaudes offertes et enfin, le wagon panoramique. Pas le temps de m’installer qu’on m’offre un verre de vin blanc de l’Ontario, et je me retrouve à papoter avec Emily, la cheffe de cabine. Pourquoi, selon elles, les gens choisissent-ils de voyager en train ?

« Il y a des villes qui ne sont pas desservies par des autobus ou des avions. Alors il faut prendre le train qui propose plein de petits arrêts, dans des villages, au milieu de la nuit. Et puis l’hiver, au Nouveau-Brunswick, le train est plus sécuritaire que la route à cause des orignaux et de la neige. »

Mais l’heure du repas arrive, je dois filer. Dans la voiture restaurant, c’est un bond vers le passé : des nappes blanches, un service impeccable et surtout des mets locaux et gastronomiques. Le tout avec des paysages qui défilent au ralenti, et nous bercent – le train va en moyenne à 80 km/heure. On me place à une table de deux. L’occasion de faire connaissance avec un autre voyageur.  Peter, un homme jovial qui me parle en anglais mais parsème ses propos de phrases en français avec un fort accent québécois, opte pour le boeuf bourguignon, moi le tikka massala. Originaire de Gaspésie, il m’a l’air d’un bon connaisseur des lieux : et pour cause, il était conducteur de train, tout comme son grand-père !  Il me raconte avoir pris sa retraite lorsque sa ligne a fermé.

Ainsi, comme en France, les trains seraient menacés ? La spécificité du train canadien, c’est que les rails ont été privatisés. Ainsi, les trains de marchandise ont la priorité sur ceux qui transportent des voyageurs… Ce qui peut engendrer des retards. Pas question donc d’avoir une correspondance ou un rendez-vous une fois arrivé à votre destination…

Le repas terminé, je rejoins le wagon panoramique. Il fait nuit noire certes, mais je vois les ombres des arbres découper la nuit et je me laisse emporter par le roulis et les conversations lointaines de deux voyageurs alertes malgré l’heure. Une fois dans mon lit, je trouve vite le sommeil.

Le lendemain matin, réveil en panique. Vais-je rater mon petit-déjeuner ? On a changé de fuseau horaire dans la nuit et je suis perdue. Un contrôleur me rassure, il est encore temps de déguster mon omelette. Je prends un livre – des nouvelles de l’écrivaine canadienne Alice Munroe – et file à la voiture panoramique.

 

C’est bientôt la fin des « couleurs », cette saison où l’automne flamboie. Je m’émerveille des teintes orangées. Des lacs miroir, paisibles, dans lesquels se reflètent quelques chalets, des tapis rouges de baies, des champs de maïs, des forêts surtout, des pêcheurs qui nous saluent… Souvent, le train souffle, et ralentit, à toute heure du jour et de la nuit – 28 villes sont desservies lors de ce trajet – avant de reprendre sa route.

Je fais une pause dans ma contemplation de la nature canadienne pour aller participer à une activité : dégustation de bières et de chips locales. Bingo, j’ai trouvé le goût de celles au cheddar et j’en profite pour me lier d’amitié avec les têtes grisonnantes – vu les tarifs, les jeunes ne sont pas légion – qui m’entourent.

Lors de ce trajet en train, et du retour, les rencontres se sont enchaînées. Un soir, je croise un couple de Vancouver avec qui je discute saucisses végétariennes, prix de l’immobilier et, bien sûr, passion du train. Dans la voiture panoramique, c’est avec Nicolaj et Shannon, la petite trentaine, que je papote. Ils sont venus visiter des amis à Halifax, parce qu’ils aiment ce voyage en train et par écologie, mais repartiront en avion… par économie. Une matinée, je me rends dans les voitures « économiques » – fini les couchettes et place aux sièges inclinables – et les profils changent. J’y rencontre Michael, le musicien, qui a pris un mois de congé pour voyager avec sa mère. Un grand projet longuement muri, et réalisable grâce à une carte-voyage qui leur a permis de prendre n’importe quel train (dix voyages max) pendant deux mois.

(Cliquez sur la photo ci-dessous pour voir des photos supplémentaires)

Canada

Les heures passent doucement et à l’entrée de Truro, le train dodeline, roule lentement sur les rails manifestement ondulés. Encore quelques kilomètres, et on arrive à Halifax….

  • Ce voyage a été réalisé grâce à ViaRail. Les prix pour un trajet Montréal – Halifax sont très variables, selon que l’on voyage en classe éco (environ 70 euros – siège inclinable et sans repas) ou voiture-lit (en couchettes ou cabines). Ainsi, une cabine privée pour deux avec 3 x 2 repas est actuellement trouvable, en solde, à 450 euros. Les prix peuvent être bien plus élevés, suivant la date du trajet ou le niveau de confort demandé.
  • En avion, un trajet coûte environ 200 euros et dure 1h30.

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