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Herboriste, un métier en voie de disparition ?

Des amis des plantes encore aux frontières de l'illégalité

Herboriste, un métier en voie de disparition ?

Paru le 5 novembre 2014

Ecrit par Mon quotidien autrement

Interdite depuis 1941, la profession d’herboriste n’a pourtant pas dit son dernier mot. Le public, en quête de produits naturels, se tourne à nouveau vers ce métier ancestral. Or, pratiquer cette profession en concurrence directe avec les pharmaciens est sanctionné par la loi et peut mener jusqu’en prison. Certains irréductibles résistent et espèrent une évolution de la législation pour pouvoir pratiquer en paix. Enquête.

« On ne s’invente pas herboriste », décrète Isabelle Saget, rédactrice en chef de Plantes et Santé. C’est elle qui, en juin dernier, a lancé la pétition récoltant 72000 signatures pour la reconnaissance du métier. « Nous avons affaire à des passionnés qui veulent avoir le droit d’ouvrir une boutique. Des écoles existent comme l’école des plantes médicinales de Lyon ou l’école de plantes de Paris. Mais aucun diplôme reconnu ne peut être délivré, pas plus que le droit de pratiquer ce métier en toute légalité ». Incroyable mais vrai, les herboristes que vous connaissez sont hors la loi !

Herboriste, une querelle d’apothicaire ?

Sous le régime de Vichy, le diplôme d’herboriste a disparu. Avec, comme conséquence, l’interdiction de pratiquer cette discipline ou d’ouvrir une boutique. A l’origine de cette mesure ? La pression de l’Ordre des pharmaciens qui, depuis, n’a toujours pas changé d’avis sur le sujet : les pharmacies veulent garder le monopole de la vente de plantes médicinales. A l’époque de Pétain, les diplômés d’avant 1941 avaient certes gardé le droit de pratiquer, mais ils se sont éteints les uns après les autres. La poignée d’herboristes exerçant aujourd’hui a un diplôme de pharmacien pour la plupart (avec 30 heures de formation sur les plantes) ou une formation sur les plantes médicinales. Ils exercent pourtant leur métier dans le flou juridique le plus total.

Herboriste, un métier à haut risque ?

A Paris, dans l’une des plus anciennes herboristeries de la capitale, les employés ont peur et préfèrent rester discrets. « Nous sommes menacés de fermeture très régulièrement et nos patrons risquent gros », nous dit Helena (son prénom a été changé). Pourtant, derrière ses flacons bien rangés sur les étagères, la boutique n’a pas l’air d’un repaire de hors la loi : « Nous vendons exclusivement des plantes légales ». Ces fameuses herbes dont parlent Helena, ce sont ces 148 plantes qui ont été « libérées » dans le domaine public en 2011 par décret et peuvent ainsi « être vendues par des personnes autres que les pharmaciens » (face à 338 plantes en pharmacie). Oui mais pas dans une herboristerie ! Surtout que si cette « libération » est une avancée, elle n’est pas suffisante pour obtenir la reconnaissance d’un savoir-faire et d’une passion ni celle d’un statut dans un cadre légal clair. Une astuce permettrait de mettre hors de danger les pratiquants. Il s’agirait tout bonnement de rebaptiser la boutique autrement. Mais il en est hors de question pour ces professionnels, attachés à leur titre.

En France, défendus par Jean-Luc Fichet (sénateur PS de 2008 à septembre 2014), les herboristes ont bien eu droit a une proposition de loi, mais le projet a capoté quand cet homme politique n’a pas été réélu. Au niveau européen, la question reste en suspens. Et, face à un marché du complément alimentaire (à base de plantes) en pleine expansion, on a du mal à imaginer quelques centaines d’herboristes faire le poids face aux très puissants lobbys pharmaceutiques.

Le public en prend de la graine

L’enjeu majeur de l’encadrement de la profession d’herboriste va d’abord en faveur de son public. Méfiance grandissante face à des molécules qu’ils ne connaissent pas, frilosité face aux pilules « miracles » mais aussi désir de profiter au maximum des bienfaits de médecines plus naturelles, l’engouement face à la prévention par les plantes est grandissant. D’autant plus que celles-ci coûtent moins cher que les médicaments. Quant aux éventuels dangers d’une mauvaise prescription, Isabelle Saget se veut rassurante. « Les plantes sont peu transformées, elles sont majoritairement utilisées en tisane. Au pire, on vous conseillera de la menthe pour un mal de ventre. Mais c’est tout ce que vous risquez ».

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