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« Les communes ont besoin de plus de résilience »

Entretien avec Alexandre Boisson, fondateur de l'association SOS Maires.

Alexandre Boisson, SOS Maires

Paru le 19 mai 2020

Ecrit par Déborah

Ancien membre de la police nationale et du groupe de sécurité du président de la République, Alexandre Boisson a quitté ses fonctions dans la sécurité publique en 2011, « par conviction personnelle », explique-t-il. En 2018, il a cofondé SOS Maires, une association militant pour une plus grande résilience des communes. L’objectif : inciter et aider les maires et les conseillers des communes rurales, mais aussi les citoyens, à agir en faveur d’une plus grande autonomie, sur les plans alimentaire et énergétique avant tout, et mettre en lumière les initiatives locales.

Avec votre association, vous militez pour que les communes acquièrent davantage de résilience. Vous estimez donc que les communes ne sont aujourd’hui pas assez autonomes ?

Alexandre Boisson : Non, elles ne le sont pas. On attend trop de papa État et de notre système ultra centralisé. Et les communes continuent à perdre des prérogatives. La loi NOTRe oblige les maires à encore lâcher du pouvoir en transférant les compétences eau et assainissement aux communautés de communes. Sur le plan alimentaire non plus, les communes ne sont plus autonomes. Les circuits d’alimentation sont très longs. La mondialisation a tué les commerces de proximité, les communes dépendent des supermarchés pour nourrir leurs habitants. Mais en cas de sinistre, c’est in-opérationnel. Cela suppose que ces grandes surfaces restent ouvertes et qu’elles continuent à être approvisionnées. Durant le confinement, on a entre-aperçu les effets que pouvait avoir une crise à grande échelle. Les rayons alimentaires des magasins ont été dévalisés car les gens avaient « peur de manquer ». La production locale ne permet plus de nourrir les administrés. On n’a plus assez de variétés de fruits et légumes sur place.

Pourquoi cette autonomie des communes est-elle si importante ?

A.B. : Notre société fait face à des enjeux qui dépassent la condition humaine : réchauffement climatique, dépendance au pétrole… Ces menaces risquent d’ébranler notre système. Et face à ces dysfonctionnements, le haut de la pyramide, c’est-à-dire l’État, va être déstabilisé. Le maire et les communes ont par contre un rôle prédominant. En France, la moitié des communes compte moins de 500 habitants. C’est l’élu de proximité qui est en première ligne, qui reçoit toute les questions. C’est lui qui a la responsabilité de ses administrés, qui doit s’assurer de pouvoir subvenir à leurs besoins, notamment alimentaires. Nous devons reconsidérer notre relation à l’alimentation, l’énergie, la santé…

Certaines communes ont-elles déjà mis en œuvre ce type de démarches ?

A.B. : Oui, certaines communes le font déjà. SOS Maire a justement vocation à les faire connaître et à trouver les moyens de dupliquer ces exemples. On peut citer Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes, qui a introduit une alimentation entièrement bio dans sa cantine scolaire en créant une régie municipale agricole. La municipalité embauche des agriculteurs qui cultivent les légumes pour les repas de l’école et des crèches. Ou encore Ungersheim, en Alsace, qui possède son jardin biologique pour approvisionner habitants et cantine et produit l’équivalent de la consommation électrique de 10 000 personnes par an avec ses 40 000 m2 de panneaux solaires.

La crise actuelle va-t-elle, selon vous, favoriser ce changement de modèle ?

A.B. : La situation actuelle nous montre ce que peut donner la non-anticipation d’une crise. Les gens ont eu peur de ne plus trouver à manger. Cette prise de conscience est notre chance dans cette malchance. Le problème systémique du Covid-19 montre les limites du système. Cela doit nous servir d’enseignement. Le problème c’est qu’une fois la crise passée, on a tendance à reprendre nos habitudes. Mais il faut changer nos comportements, manger davantage local, quitte à payer un peu plus cher.

Que peut-on faire d’autre en tant que citoyen ?

A.B. : La loi de modernisation de la sécurité civile invite les citoyens à connaître les risques « majeurs » potentiels dans une commune et les mesures de prévention prévues. Ces mesures sont recensées dans le Document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM), que tout le monde peut consulter en mairie. On peut donc y voir ce que la municipalité prévoit pour assurer la sécurité alimentaire, énergétique mais aussi sanitaire de ces administrés en cas de crise majeure. La résilience est avant tout intellectuelle. Une fois que l’on connaît ces mesures, on peut être force de proposition auprès de sa commune pour les faire changer, évoluer, en rajouter, si elles ne sont pas optimales. Ainsi petit à petit, on crée de la résilience.

Avis sur : « Les communes ont besoin de plus de résilience »

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