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Bienvenue au GCU, camping utopique et autogéré

Les congés payés viennent d'être votés - hourra ! - certains instits militants décident de créer les campings GCU. Aujourd'hui, l'utopie perdure.

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Paru le 21 août 2018

Ecrit par Elsa de Mqa

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Lunettes de soleil, casquettes, brassards bien gonflés… Trois jeunes enfants barbotent, en cette matinée de juillet, sous le soleil exactement.
– « Vous êtes institutrice ? », demande ma mère à sa voisine, les pieds dans l’eau.
– « Bien entendu ! »
Mes parents, retraités de l’Éducation nationale, ont loué un mobil-home sur le terrain de Saint-Saturnin-lès-Apt, dans le Vaucluse, et font, eux aussi, découvrir à leurs petits enfants les joies du camping GCU.
Des années que ma mère, Mireille, me parlait de ce fameux GCU, un réseau de campings autogérés, peuplés de moult instits et profs, à prix accessibles. Une fois sur place ? Je suis conquise.

« Au GCU, il n’y a pas de hiérarchie »

Concrètement, le GCU, c’est plus de 50 000 adhérents, partageant « ses valeurs fondatrices humaines, laïques, solidaires et conviviales, et acceptant sa conception du camping basée sur le bénévolat et la gestion participative ». C’est aussi une centaine de magnifiques terrains répartis dans toute la France: au bord de la plage comme à la Tranche sur mer,  au cœur des Alpes comme à Vallouise ou au milieu des oliviers comme à Apt.
Mireille, 67 ans, une vraie groupie, déroule : « Il n’y a pas de hiérarchie. Le prof de fac et l’instit ont le même emplacement, et le même travail. Tout le monde doit nettoyer les WC, la cuisine, faire les comptes… Et on se retrouve une fois par semaine pour discuter des problèmes ». Car qui dit camping autogéré dit tablées XXL certains soirs ou concours de boules, bien sûr, mais aussi partage des tâches par tous les campeurs.
Et si le GCU a été fondé en 1937 par des membres de la toute jeune MAIF, la mutuelle des instit, il est « désormais ouvert à tous ceux, membres de l’Éducation Nationale ou non, désireux de partager ensemble les joies du camping » en échange d’une petite cotisation. D’ailleurs, près de la moitié des adhérents ne sont pas enseignants.

« Un rempart au capitalisme et à la montée de l’égoïsme »

La sociologue Martine Lefeuvre Deotte y a consacré toute une enquête, « Les campeurs de la République » (Ed Harmattan, 2017) : « Fait étonnant, ce groupement constitué aux origines sur la volonté d’une vie simple et fruste dans la nature, respectant les valeurs du mutualisme, du partage des biens et des savoirs, sur le bénévolat, existe toujours ».
Elle poursuit : « Cette cité estivale a longtemps été pensée par les campeurs comme un foyer commun susceptible d’être un rempart au capitalisme, à la montée de l’égoïsme, une résistance à la marchandisation des loisirs, au confort superflu, à la dégradation de l’environnement. L’abri est conçu chez eux comme une sorte de protection du monde ; bâtir « ce foyer commun » pour abriter « la grande famille », ces images sont récurrentes dans la rhétorique des campeurs ».
Plus de 80 ans après sa création, l’utopie n’est pas morte.

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