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SuperTrash

Après avoir passé deux ans dans une décharge, sur la Côte d'Azur, Martin Esposito livre un film choc sur le traitement des déchets.

SuperTrash

Paru le 24 septembre 2013

Ecrit par Mon quotidien autrement

La bande annonce du film se trouve à la fin de l’interview.

 

Vous avez peut être entendu parler de Martin Esposito pendant le festival de Cannes… Le directeur de ce grand raout culturel était passablement ennuyé par ce surfeur devenu réalisateur. Dans son premier film, Supertrash, en salle le 9 octobre, Martin Esposito se penche dans quelques séquences sur ce fameux tapis rouge, changé quotidiennement avant d’être jeté dans une décharge. S’il est choquant de le retrouver là, ce n’est qu’un exemple, parmi d’autres, des énormes quantités de déchets que l’on trouve dans les décharges françaises.

J’ai une question un peu basique mais… Qu’est ce qui s’est passé entre le moment où vous décidez d’arrêter le surf et de quitter Hawaï, et celui ou vous vous retrouvez à passer deux ans et demi dans une décharge à Villeneuve Loubet, petite ville des Alpes Maritimes ?

Ah ! Eh bien, j’ai toujours été passionné par la photo, la peinture, bref, le rapport à l’image et au cadre. Le cinéma va m’accompagner toute ma vie. J’ai fait un retour de la mer vers la terre, après avoir habité 10 ans à Hawaï, dès l’âge de 15 ans. J’ai grandi là-bas, il fallait revenir à la terre et quelque part, c’est une forme de passage initiatique, la pire que je puisse vivre ! Me retrouver dans une décharge… C’est la décharge qui m’a choisi et pas le contraire. En fait, j’ai été énormément influencé par le film d’Al Gore, Une vérité qui dérange, par l’impact que ça a eu sur la prise de conscience du réchauffement climatique.

Vous saviez que vous alliez y passer autant de temps ?

Je pensais pas en rentant que j’allais découvrir un problème de cette ampleur là. Je suis rentré comme citoyen, sans œil averti, et je me suis pris tout en pleine tronche, jour après jour. C’était une démarche progressive, je ne savais pas que j’allais filmer et vivre une expérience de 5 ans et demi, entre le tournage et la postproduction ! J’ai fait le film comme un mec qui n’y connait rien à rien et qui justement se heurte à la réalité en se prenant des claques. C’était progressif.

D’ou vient cet engagement ? Vous avez même vécu deux mois dans une cabane dans la décharge…

Mmh, on ne peut pas vraiment parler d’engagement. Quand une décharge existe et qu’on la subit, on n’a pas le choix. J’étais le seul à pouvoir filmer, et même si j’ai eu envie d’arrêter de nombreuses fois, il fallait aller jusqu’au bout. J’ai compris que personne d’autre n’allait mettre la main dans le cambouis ! L’existence des décharges est un symbole du dysfonctionnement total de notre société de consommation. Pour moi c’est la singularité qui regroupe l’universel, ces déchets qui arrivent dans des décharges, ce problème qui se répète dans des centaines d’endroits en France. On met la décharge et les incinérateurs à toutes les sauces. Notre argent ne devrait pas financer ça, mais plutôt des campagnes de dépollution et de recyclage. On est face à un problème de santé publique.

Votre film s’adresse donc à « ceux d’en haut »

Il s’adresse aux industriels. Nous on les fait déjà, les efforts ! On nous fait consommer des emballages prévus pour être recyclés, on nous demande de trier nos déchets, s’il faut avoir d’autres containers on le fera ! Il faut que de l’autre coté, ça suive, qu’on arrête les décharges à ciel ouvert, qu’on créé des centres de tri, qui créent de l’emploi en plus, bref, qu’on essaye de faire les choses correctement. C’est un problème qui peut être totalement résolu. Les gens qui gèrent le problème de déchets font un maximum d’économies pour un maximum de profits. Régler ce problème va devenir obligatoire. Nous avons les moyens, on paye pour nos déchets ! Il y a de l’argent, il y a un savoir faire. Ce n’est pas une utopie. On est à la croisée des chemins, on trie nos déchets, la population est éduquée, d’une manière générale, la France est prête à prendre le tournant.

Vous ne militez pas pour une plus grande réglementation des décharges donc…

Le principe même des décharges est à remettre en question. Il faut arrêter d’en créer, et changer de système. Tout ce qui arrive est dangereux pour la santé. Aujourd’hui, nous avons du recul mais conservons ce procédé archaïque qui rapporte du profit. Dans Supertrash, tout ce qui se retrouve dans les décharges est interdit et illicite, et se retrouve enfoui… cela démontre totalement la problématique. On voit à la fois le gâchis de nourriture, des hydrocarbures balancés, de l’arsenic enterré…

Votre film a une forme hybride. Un mélange de documentaire, de film, dans lequel vous vous mettez en scène….

Il était important que l’on suive un parcours, une histoire, que je vivais au fur et a mesure. Le film a été concu dès le début pour le cinéma et pas comme un reportage. C’est un sujet puissant, qui pour moi avait sa place au cinéma. Je suis très attaché à la forme.

Vous parliez du film d’Al Gore, y a-t-il d’autres films sur l’écologie qui vous ont marqué ?

Oui, Supersize me, par exemple, indirectement lié à l’écologie puisqu’il aborde la surconsommation. Je pense aussi à Raymond Depardon, qui a filmé la campagne. On se rend compte qu’il y a un problème de transmission et de savoir faire aujourd’hui. Si on ne partage pas nos ressources et nos savoir faire, nous sommes voués à la mort. Supertrash résonne avec cette problématique de transmission, de filmer un monde qui se meurt, cette terre qu’on souille, à qui on prend tout, et à qui on rend le pire.

Pour voir la bande annonce du film de Martin qui sortira le 9 octobre 2013 :

[video:http://www.youtube.com/watch?v=ywleplr8UFg]

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