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Que reproche-t-on à Amazon exactement ?

Les cinq grands problèmes que pose le géant de l'e-commerce.

Amazon

Paru le 12 janvier 2021

Ecrit par Elsa de Mqa

Comment un si joli mot – désignant soit des guerrières, soit un immense fleuve d’Amérique du Sud – peut-il désormais faire frémir tous les écologistes du monde ? Amazon, le géant du e-commerce, est une machine de guerre, inarrêtable. En 2020, la multinationale a augmenté de 50 % la superficie de son réseau de distribution et de logistique au niveau mondial.

Inarrêtable, on vous dit. En 1994, au moment de la création de son entreprise, Jeff Bezos avait d’ailleurs envisagé d’appeler son entreprise Relentless, « implacable » en français… Aujourd’hui, l’homme d’affaires est en passe de devenir le premier trillionaire de l’Histoire. Et pour cause : l’entreprise a grassement bénéficié de la crise sanitaire. Le géant du commerce en ligne a triplé son bénéfice par rapport au troisième trimestre 2019 et ses ventes mondiales ont bondi de 37% sur cette période.

Mais au fait, que lui reproche-ton ? Petit florilège.

1 – L’empire de la consommation

Près d’un Français sur trois – quasi 22 millions de personnes ! – achète sur Amazon, qui représente 20% du e-commerce en France, selon une étude Kantar, spécialiste des études de marché. En un clic, et 24 heures, on peut recevoir chez soi des jouets pour enfants, une sono, des livres, du vernis… Bref, tout ce que l’on souhaite, sans effort, et à prix raisonnable. Une démesure peu adaptée à l’impératif de sobriété qu’impose la crise climatique.

2 – L’artificialisation des terres

« Nous souhaitons lancer un entrepôt en moyenne de 160 000 mètres carré par an et entre cinq et dix centres de distribution par an », a annoncé Frédéric Duval, pédégé d’Amazon en France, lors d’une audition à l’Assemblée nationale. Dernier entrepôt en date ? Celui de Senlis. 55 000 mètres carrés, soit seize hectares de terres artificialisées au nord de l’aéroport de Roissy, dans la campagne picarde.

Quid du plan biodiversité lancé par le gouvernement, avec l’objectif de « zéro artificialisation nette » ? Quid de la demande de la Convention citoyenne pour le climat, qui réclame un moratoire sur la construction de nouveaux entrepôts de commerce en ligne ? Elle était même soutenue par la ministre de l’Environnement. Barbara Pompili avait proclamé à une heure de grande écoute sur RTL : « C’est le moment de mettre un coup d’arrêt. » Tout cela est resté lettre morte.

Carte Amazon
Carte des implantations Amazon réalisée par les Amis de la Terre en avril 2020.

3 – Une position monopolistique

Une longue enquête du Wall Street Journal souligne comment Amazon “écrase ses rivaux et ses partenaires”. “Que pouvions-nous faire ? Poursuivre Amazon pour abus de position dominante ? Cela prendrait des années et des dizaines de millions de dollars et nous mettrait en faillite”, s’énerve, dans l’article, Leonard Lodish, membre du comité de direction de la défunte entreprise Quidsi. Comme lui, bien des vendeurs indépendants doivent mettre la clé sous la porte car Amazon copie leurs produits… et les revend moins cher. C’est le cas par exemple de West-Elm qui a porté plainte (et gagné) contre Amazon, qui vendait une chaise très similaire à celle distribuée par le magasin d’ameublement.

La Commission européenne a même ouvert contre Amazon une procédure formelle pour non-respect des règles de la concurrence du fait de sa double casquette de détaillant et de place de marché, a annoncé la commissaire européenne à la Concurrence, le 10 novembre 2020.

4 – L’évasion fiscale

“Amazon dissimule 57% de son chiffre d’affaires réalisé en France, selon nos estimations, ce qui lui permet de pratiquer une évasion fiscale massive en déplaçant une grande partie de ses bénéfices vers l’étranger”, a calculé Attac, l’association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne. Le mastodonte “a totalisé 235 milliards d’euros de ventes, pour lesquelles il n’a été imposé qu’à hauteur de 2 milliards d’euros, essentiellement grâce à un habile (et totalement obscur) montage financier centré dans le Delaware, le paradis fiscal américain”, détaille le Nouvel Obs. Et cette entourloupe est reprise au niveau local : en France, les revendeurs étrangers s’exonèrent des 20 % de taxe à la consommation, pour profiter d’un avantage sur les commerçants français.

5 – Les piètres conditions de travail des salariés d’Amazon

« Amazon prévoit d’ouvrir 19 nouveaux projets d’entrepôts en France d’ici à 2021, ce qui pourrait entraîner la destruction de 100 000 emplois dans l’hexagone », écrit l’association les Amis de la terre. « Les dernières études réalisées aux États-Unis, où Amazon est déjà très implantée, démontrent qu’un emploi créé par la multinationale est responsable de la destruction de plus de 4 emplois dans le commerce traditionnel. » Selon les études les estimations varient, mais un fait demeure : la petite chanson faisant d’Amazon un créateur d’emplois ne tient pas… D’autant que la firme fait tout pour se robotiser. Et n’hésite pas à délocaliser nombre d’activités. Ainsi, elle renforce sa présence en Pologne (salaire moyen : 581 euros), avec la création de 12 000 postes, en plus des 18 000 existants, souligne le Nouvel Obs.

Par ailleurs, c’est un univers dystopique que décrivent les employés, ou  plutôt les « collaborateurs » selon la terminologie utilisée par Amazon. Dans les entrepôts, on trouve, comble de l’ironie, des panneaux sur lesquels s’étalent en lettres géantes le mot « frugality » (frugalité) ou « have fun » (amusez-vous).

« Outre les cadences jugées trop rapides, la surveillance des employés à travers des méthodes contestées de «tracking» (contrôle du temps de travail et des performances) ou la suppression des pauses, les employés d’Amazon Logistics déplorent leurs salaires trop faibles et réclament des conventions collectives ou un dialogue social plus apaisé », écrivait le Figaro à l’occasion d’une grève internationale organisée par les syndicats en juillet 2019. Un exemple français? En 2018, un rapport, émanant d’une demande du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), pointait – entre autres- la surveillance constante des managers dans l’entrepôt de Montélimar : sont cités des “attitudes et propos inappropriés”, des “interdictions de parler » et un « contrôle des interruptions pour aller aux toilettes”.

Que faire ?

Ne vous faites pas de bile, la solution est simple pour endiguer la progression d’Amazon : privilégiez les commerces physiques ou bien les petites boutiques en ligne ! Et parlez des méfaits de cette multinationale autour de vous. Vous pouvez aussi interpeller vos députés facilement grâce à cet outil mis en place par les Amis de la Terre.

Et relisez nos six bonnes nouvelles pour bien commencer 2021 !


Crédit photo de Une : Pxhere

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Les commentaires :

C’est simple : il ne faut plus RIEN acheter sur Amazon ! C’est ce que je fais depuis des années et je ne m’en porte pas plus mal ! Le consommateur peut et doit imposer sa loi. Avec un petit effort, on trouve le même produit ailleurs … S’il coûte, parfois mais pas toujours, un peu plus cher, cela vaut finalement le coup car Amazon, par ailleurs, nous vole en réalité des MILLIARDS d’euros en ne payant pas ses impôts !

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