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Sept substances chimiques à interdire d’urgence

Les ONG en ont fait la liste pour le prochain gouvernement : Glyphosate, SDHi, OGM, NBT, néonicitinoïdes, formaldéhyde, PFAS.

Une dérogation à l'interdiction des néonicotinoïdes a de nouveau été accordée pour la culture des betteraves.

Paru le 29 mars 2022

Ecrit par Déborah

Au début de l’année, une vingtaine d’ONG se sont jointes à l’association Générations futures, pour émettre une série de recommandations en santé environnementale aux candidats à l’élection présidentielle. Dans ce document, on retrouve 7 substances chimiques à interdire d’urgence.

1/ Le glyphosate

En 2017, Emmanuel Macron, alors nouvellement élu, s’était engagé à interdire le glyphosate sous trois ans. La même année, l’Union européenne avait cependant décidé collectivement de prolonger son autorisation de cinq ans. Cette autorisation expire donc fin 2022. Déjà les industriels qui le fabriquent, dont Monsanto, ont demandé son renouvellement. Des consultations publiques sont actuellement menées à l’échelle européenne pour évaluer cette substance chimique.

Pour rappel, en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer avait classé le glyphosate comme “cancérogène probable” pour l’homme (catégorie 2A), après une revue de nombreuses études scientifiques. Le problème est qu’en 2021, un premier rapport des États de l’UE avait estimé que « une classification cancérogène du glyphosate n’est pas justifiée ». S’ils reconnaissaient des effets indésirables, comme des lésions oculaires graves et une toxicité pour la vie aquatique, ils considéraient que le pesticide n’était ni cancérogène, ni mutagène.

2/ Les SDHi

Succinate DesHydrogenase Inhibitors de leur vrai nom, les SDHi sont des substances chimiques utilisées en agriculture comme fongicide depuis les années 2000. En particulier sur les vignes, les champs de colza, mais aussi les terrains de sports.

Ces produits qui ne s’attaquent théoriquement qu’aux champignons, en bloquant leur respiration cellulaire, affecteraient aussi la santé des vers de terre, des abeilles… et des cellules humaines.

3/ Les néonicotinoïdes

Officiellement, ces substances chimiques ont été interdites fin 2020, dans le cadre de la loi sur la mise en marché des produits phytosanitaires. Oui, mais, depuis, des dérogations annuelles sont signées pour permettre aux cultivateurs de betteraves en particulier, de continuer à utiliser cette substance chimique. Cette année encore, la betterave a fait l’objet d’une dérogation. Normalement, ces dérogations ne sont reconductibles que jusqu’en 2023.

4/ Les OGM, y compris importés

En principe, depuis 2008, la culture d’OGM à des fins commerciales est interdite en France. Mais il existe des exceptions. Un rapport de la répression des fraudes a montré qu’une centaine d’OGM était bien autorisée dans l’Hexagone. Ces autorisations concernent le maïs, le colza, le coton, le soja et la betterave sucrière. Elles permettent l’importation des graines et leur commercialisation à des fins de transformation, mais pas leur mise en culture.

5/ Les NBT (ou nouveaux OGM)

Si la réglementation sur les OGM est relativement stricte, celle concernant les NBT (new breeding techniques, en français « nouvelles techniques de sélection »), est plus que floue. Les NBT – des OGM nouvelle génération- sont des organismes vivants dont le patrimoine génétique est modifié, grâce à des « ciseaux génétiques ». Il s’agit d’une modification ciblée d’un gène au sein des cellules d’une plante. Ces nouvelles techniques génomiques doivent permettre de ne pas mélanger de gènes étrangers dans une même espèce de plantes, comme c’est le cas pour les OGM classiques. Raison pour laquelle ils échappent à l’heure actuelle à la réglementation sur les OGM.

“À cause du vide juridique sur le sujet, le consommateur peut se retrouver aujourd’hui avec de nouveaux OGM dans son assiette sans le savoir“, expliquait Suzanne Dalle, responsable du secteur agriculture pour Greenpeace, sur France inter. La Commission européenne doit rendre un rapport sur le sujet cette année, permettant de déterminer s’il faut ou non faire évoluer la réglementation sur les OGM.

6/ Le PFAS

Les PFAS sont des perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées. Elles regroupent plus de 4 700 substances chimiques au total, dont les plus connues, l’acide perfluorooctanoïque et le sulfonate de perfluorooctane.  Résistantes à la chaleur, aux acides, à l’eau, aux graisses, elles sont présentes dans de nombreux produits de la vie courante. Dans les ustensiles de cuisine, les emballages alimentaires, les imperméabilisants pour textile, dans les antiadhésifs, les enduits, les détergents, etc. Pourtant, elles sont a priori très néfastes pour la santé humaine et environnementale. Mais seules quelques PFAS sont interdites.

Jugeant la réglementation actuelle insuffisante, certains États ont renforcé les interdictions liées à l’utilisation des PFAS. C’est le cas du Danemark, mais aussi de l’État de Maine, dans le Nord-Est des États-Unis. En 2021 l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Danemark ont de leur coté soumis à l’Agence européenne des produits chimiques leur intention de restreindre la fabrication, la mise sur le marché et l’utilisation de ce produit.

7/ Le formaldéhyde

Cette substance est reconnue cancérogène au niveau européen. Elle est donc déjà réglementée et interdite dans certains cas. Mais on la retrouve dans des objets du quotidien. Des produits de bricolage, d’entretien, des revêtements de murs, de sols ou de meubles, dans des plastiques, etc. Des alternatives à cette substances doivent aussi être trouvées.

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