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Entretien

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« Le secteur de l’immobilier n’a pas encore fait sa transition »

Entretien avec Lauranne Schied, fondatrice de LSRE.

Avec LSRE, Lauranne Schied promeut l'immobilier écologique.

Paru le 11 janvier 2022, modifié le 20 janvier 2022

Ecrit par Déborah

Après une carrière d’une dizaine d’années dans la promotion immobilière, Lauranne Schied a lancé LSRE (Lauranne Schied Real Estate) il y a un an et demi. Le credo de sa nouvelle société : la promotion immobilière écologique.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de lancer LSRE ?

Pendant le premier confinement, j’ai eu le temps de prendre du recul et je me suis rendu compte que le métier de bâtisseur avait perdu la notion du sacré. On a oublié comment bâtir de façon harmonieuse. J’ai eu la volonté de me lancer dans la promotion de manière plus écologique. D’utiliser des matériaux locaux, naturels, bio-sourcés, recyclés. De tenter d’avoir la trace la plus légère possible sur la planète.

Pourriez-vous nous donner des exemples de vos projets et de la façon dont vous travaillez ?

Au Portugal, nous avons par exemple acheté 10 hectares de terrain sur lequel nous avons un projet d’agrotourisme. Nous allons construire un hôtel immergé dans la nature, avec une dimension agricole, de la permaculture, des micro-fermes. Nous utilisons des matériaux locaux et des savoir-faire traditionnels.

Autre exemple, en Alsace, où nous construisons un écoquartier, en ayant recours, là encore, à des matériaux locaux et des entreprises locales. Nous choisissons également des enseignes alternatives pour cet écoquartier. Nous y installons une Amap, un café servant des produits bio et locaux, une salle de yoga, une micro-crèche…

Les projets écologiques sont-ils en train de se développer dans le secteur de l’immobilier ?

Ils sont encore à la marge, mais se développent rapidement. Le secteur de l’immobilier n’a pas encore fait sa transition. Pour le moment, ce sont surtout de grandes phrases et une bonne dose de greenwashing. Ces questions ne sont pas encore incarnées. Mais les promoteurs se sentent aujourd’hui contraints à aller vers des projets plus écologiques. C’est une demande forte de la part du public, des élus. Par ailleurs, les appels à projets des collectivités contiennent de plus en plus de critères environnementaux. La compétition entre promoteurs peut désormais se jouer sur ces éléments.

Quelles sont les principales difficultés à monter de tels projets ?

Il faut d’abord trouver les bons partenaires. Dans l’immobilier, les process sont anciens. Ils sont bien ancrés. Ce sont des process qui visent la simplification, qui privilégient le béton, qui ont tous recours aux mêmes grandes enseignes. Nous devons aller vers plus de complexité, plus d’adaptabilité. Car, certes, il peut y avoir un surcoût sur les projets plus écologiques, mais nous trouvons toujours des techniques nous permettant de nous aligner sur les prix de la construction classique. Nous essayons de raccourcir les délais de chantier par exemple, ou utilisons du modulaire (des éléments préfabriqués et assemblés après-coup), moins coûteux. Il faut faire preuve d’intelligence, plutôt que de systématisme. Et la marge de progression est encore énorme.

Où se situent les marges de progression pour rendre l’immobilier plus écologique ?

Nous manquons par exemple de recul sur la façon de cumuler plusieurs techniques écologiques. Quand je décide d’utiliser du modulaire, je ne peux que croire le fabricant quant à la qualité de ce qu’il me propose. Je n’ai pas de recul sur la qualité. Lorsque j’opte pour du béton recyclé, je ne sais pas si sa tenue dans le temps sera réellement bonne. Pour avoir ce recul, il faut aussi que nous soyons de plus en plus nombreux à expérimenter ces techniques.

Il existe de nombreuses alternatives écologiques pour la construction. Comment les choisissez-vous ?

On ne peut pas tout mettre partout. Selon moi, il est très important de prendre en compte l’histoire locale, de regarder le lieu où l’on se trouve. Par exemple, opter pour une construction en bois dans une région où il n’y a pas de bois, est une solution peu souhaitable selon moi. Il faut trouver l’identité du lieu où l’on s’implante.

Les labels et les certifications écologiques sont-ils un critère déterminants pour vous ?

Je pense au contraire qu’ils ne doivent pas être un objectif en soi. Ces labels peuvent venir gratifier un travail. Mais souvent, dans l’immobilier, l’obtention de la certification constitue l’unique objectif. Résultat, on se retrouve avec des immeubles disposant de labels très honorables, mais construits entièrement en béton, simplement car ils ont recours à la géothermie ou ont travaillé sur les eaux pluviales. Nous nous devons d’être plus exigeants.

Avis sur : « Le secteur de l’immobilier n’a pas encore fait sa transition »

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