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Pascal Antigny et son épatante collection de tomates

Ce retraité picard a une passion : collectionner les tomates.

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Paru le 26 mars 2019

Ecrit par Elsa de Mqa

Vous vous pensez grand-prince quand vous servez une cœur de bœuf à vos invités ? Pensez à Pascal Antigny la prochaine fois : ce retraité picard collectionne les tomates depuis 1985. Il a fait pousser dans son jardin de Quierzy-sur-Oise (Aisne) près de 4.000 variétés ! Xanadu Green GoddessTschornoya StrastjSabre UkrainienPamplemousse Du Grand Père… On en salive – et on voyage ! – rien qu’à les énumérer.

​​Décrivez-moi votre jardin ?

Oh, c’est un grand jardin, un terrain plutôt, de 5.000 m2. Il y a de tout : des arbres fruitiers, des légumes, des fleurs, des volailles en liberté. C’est l’anarchie, j’en rajoute au gré de mes envies !

Et il y a des tomates aussi !

Oui, elles sont dans des parcelles à droite et à gauche, dans le terrain. Je suis collectionneur depuis 1985. A l’époque, je plantais des tomates dans les rues dès que je voyais un petit bout de terrain inoccupé… Un jour j’ai voulu faire un jardin de tomates en ville, à Chauny, qui était demandeuse d’un jardin ouvert. On m’a prêté un terrain en plein milieu d’immeubles sociaux, je donnais des cours bénévolement. Pour donner des cours officiellement, j’ai créé une association, Cultive ta rue. Depuis, des collectionneurs m’ont rejoint, nous sommes six.

Mais… pourquoi les tomates ?

En 1985, j’avais quelques variétés de tomates dans mon jardin, et j’avais une petite amie qui travaillait à Moscou. On buvait un café dans mon jardin, elle a regardé mes tomates, et m’a expliqué qu’en Russie, elle avait vu des tomates énormes. Lorsqu’elle venue à nouveau en France, elle m’a rapporté trois graines qu’elle avait cachées dans son soutien-gorge – on ne sortait pas n’importe quoi de Russie à l’époque. Le premier fruit que j’ai récolté faisait 1,282 kilos ! C’est là que j’ai commencé ma collection. Au début, on a 50 variétés, puis 100, 200…

Et aujourd’hui ?

3.847, je les ai toutes cultivées. Ceci dit, il faut que je recense complètement ma collection, les fichiers deviennent trop gros, j’ai déjà deux ordinateurs.

Comment vous faites ?

On prend des photos sur pied, du fruit, coupé en deux, en quatre, en tranches, on met des annotations… Tous les collectionneurs le font. Cette année, je cultive 600 variétés.

J’ai lu que vous étiez « éleveur » de tomates, qu’est-ce que ça veut dire ?

Ah ! Eh bien, en fait, je crée très peu de nouvelles variétés. En revanche, j’en « fixe » beaucoup : les hybrideurs créent des variétés, qu’il s’agit de cultiver pendant plus de cinq ans, le temps qu’elles soient génétiquement stabilisées.

 

Ensuite, les hybrideurs leur donnent un nom. Comme la tomate « Pascal de Picardie » !

Oui ! C’est un hybrideur américain qui a créé une lignée, sur laquelle j’ai travaillé. Souvent, les hybrideurs mettent leur prénom et une caractéristique, par exemple « Brad Black Heart », ou bien le nom de leur chien…

Au-delà de l’intérêt du collectionneur, sauvegarder ses variétés, c’est sauvegarder la biodiversité…

L’industrie de la tomate ne commercialise que quelques dizaines de variétés… Or il y a des variétés anciennes ou non, notamment des variétés familiales dans tous les pays. En France, une personne qui cultivait une magnifique tomate rouge, énorme, depuis cinq générations, m’a envoyé des graines car elle ne voudrait pas que cette variété disparaisse.

Vous êtes nombreux en France à collectionner les graines de tomates ?

Pas tant non. On se connait tous. Il faut la place et… beaucoup de temps ! C’est une passion.

Avant d’être à la retraite, vous étiez jardinier ?

Non, j’étais policier, mais j’ai toujours jardiné. Ça me vidait la tête… J’en avais besoin.

Et sinon, que fait votre association ?

On va sur des « tomato fest », des fêtes de légumes, à Bruxelles, Paris, dans le Var… On amène entre 800 et 1.000 variétés. Ce qui fait plaisir, c’est que pas mal de jeunes viennent nous voir, commencent à jardiner… Ça permet de conserver des variétés, et puis ça répond à la crise financière – jardiner, c’est économique – et à la crise de confiance dans les produits industriels, à la volonté de manger moins mais mieux. C’est bon signe !

Les photos nous ont été aimablement envoyées par Pascal Antigny et l’association  « Cultive ta rue« . Vous pouvez acheter plus de 700 variétés de tomates sur leur site, cliquez-ici !

Avis sur : Pascal Antigny et son épatante collection de tomates

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