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Des gens qui se bougent

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Ma Coop – La vie au vert : une épicerie coopérative et rurale

De la bonne humeur, des bons produits et des projets en pagaille dans ce petit commerce de Lozère.

Ma Coop - La Vie au Vert est devenue une épicerie coopérative en juin dernier. © DB

Paru le 30 janvier 2018

Ecrit par deborah.berthier

Ici, on s’appelle par son prénom et on se fait la bise en arrivant. Trois bises, comme le veut la coutume en Lozère. Dans le petit village de Pied-de-Borne (177 habitants), tout le monde se connaît. Et tout le monde connaît le groupe de copains qui, il y a huit ans, a décidé de reprendre le dernier commerce du village. « En l’espace de quelques années, on avait été témoin de trois reprises et trois faillites, raconte Cyrille, l’un des cofondateurs de Ma Coop – La vie au vert. Un jour, on était chez des amis et quelqu’un a lancé : « Pourquoi on ne le reprendrait pas nous, ce commerce ? ». On s’est dit « pourquoi pas » et tout a commencé un peu comme ça, par hasard. »

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Un max de producteurs bio et locaux

La petite bande décide donc de se lancer. Mais pas pour en faire une épicerie comme les autres. Pas spécialement pour faire des bénéfices. Plutôt pour maintenir ce service de proximité. Et pour créer de l’emploi. Huit ans plus tard, le pari semble réussi. Certains des fondateurs sont partis, de nouveaux membres sont arrivés. Quatre personnes travaillent désormais sur place, pour assurer l’ouverture de la Coop tous les jours, toute l’année. Et le modèle économique tient la route. « On a eu du mal à faire tourner la boulangerie les premières années, mais on a désormais deux boulangers qui nous fournissent du pain chaque semaine et le reste est rodé », poursuit Cyrille.

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La Coop se fournit au maximum chez des producteurs bio et locaux. « Dans les environs, nous avons quelques chevriers, des producteurs de miel, de marrons, bien sûr, -Pied-de-Borne est à quelques kilomètres à peine de l’Ardèche, département connu pour ses nombreux châtaigniers- et des éleveurs qui nous fournissent en viande, explique David, un autre des cofondateurs. On compte également quelques maraîchers, mais ils sont rares. » Sur ce territoire cerné de gorges, les parcelles sont toutes de petites tailles et cultivées en terrasses. Impossible d’y mécaniser le travail des agriculteurs. Les fortes variations de température d’une saison à l’autre complexifie encore la tâche.

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Dans la coopérative, chacun met la main à la pâte

Chaque semaine, un camion achemine les marchandises, en provenance du Gard, du Vaucluse, ou de l’Hérault, jusqu’à l’épicerie du village de Pied-de-Borne. Ce matin-là, c’est justement jour de livraison. En plus des salariés de la coop, une poignée d’habitants attendent le camion de pied ferme. « Impossible de savoir à quelle heure exactement il va arriver, mais ça ne devrait plus tarder », glisse Alexandre. Ancien directeur de la petite école du village, il fait partie des irréductibles.

Depuis peu, l’épicerie est devenue une coopérative. Les habitants peuvent ainsi être les acteurs du dernier commerce de leur village. Souvenez-vous, on vous avait déjà parlé du modèle de la coopérative alimentaire lorsqu’on vous avait présenté le documentaire de Tom Boothe, Food Coop. A Pied-de-Borne, les consommateurs peuvent donc devenir des coopérateurs. Ils participent financièrement (la contribution est faible) au développement de la Coop et investissent un peu de leur temps dans le commerce. En venant par exemple aider à réceptionner les marchandises le jour de la livraison. Ils ont également leur mot à dire sur l’avenir de l’épicerie, puisque les différents coopérateurs s’organisent en commissions (approvisionnement, communication, financement, etc.) et que les décisions sont prises collectivement. En échange, ils bénéficient de tarifs préférentiels à la caisse.

Ma Coop - La Vie au Vert est devenue une épicerie coopérative en juin dernier. © DB

Ma Coop – La vie au Vert compte déjà 43 coopérateurs. « C’est beaucoup pour un petit village comme le nôtre, souligne David. Nous n’avons adopté le modèle de coopérative qu’en juin dernier. » Et ce n’est pas la seule nouveauté qui attend le petit commerce lozérien. « Nous aimerions développer un service de restauration-traiteur. C’est aussi une façon de valoriser nos invendus, affirme David. Parmi les projets, nous voulons également faire des fruits séchés et des herbes médicinales séchées. En filigrane, notre objectif est de continuer à créer des emplois et du lien social dans le village. »

Ma Coop – La vie au Vert, c’est déjà plus qu’une épicerie. On y vient pour boire un café, lire un magazine, accéder à Internet, prendre des nouvelles, et profiter de la bonne humeur qui règne dans le petit local, avec vue sur les Gorges du Chassezac.

Le petit village de Pied-de-Borne compte 177 habitants © DB

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Les commentaires :

Bonjour 👋 à tous,
C’est super 👍 d’entendre des projets de coopératives ou participatifs. Continuer de perpétuer et transmettre dans votre village ce partage d’un service pas comme les autres pour maintenir une vie d’Âme, des Âmes solitaires pas comme les autres.
Agastache à tous

Une belle expérience à partager sans modération. Le modèle de la coopération semble faire des émules à tous les niveaux de la société et cela fait un bien fou !

Bravo ! Plein de villages et de villes pourraient faire cela. De la vie, des relations amicales et de voisinage, des prix plus bas et puis de l’emploi. Tellement plus que dans les supermarchés.

Merci pour votre commentaire Wéry.
L’initiative de Ma Coop – La vie au vert fait d’ores et déjà des émules, puisqu’une autre épicerie rurale, inspirée du fonctionnement de cette coopérative, pourrait voir le jour prochainement.

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