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Entretien

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« Mon bilan chiffré d’un an de boycott de la voiture et de l’avion »

Loïc, ingénieur, est allé jusqu'en Turquie pendant cette année là !

Loic en Turquie. Crédit : Loic C

Paru le 22 mars 2022

Ecrit par Elsa de Mqa

30 000 kilomètres sans avion, dont 3 500 kilomètres de vélo et 5 000 kilomètres de train… Voilà, en quelques chiffres, l’année de Loïc C. Cet ingénieur lyonnais a fait le calcul d’un an de boycott de la voiture et de l’avion, des modes de transport climaticides. Le tout, sans renoncer aux voyages !

Pour cela, il s’est appuyé sur Google : le géant du net garde la trace de tous vos trajets (oui, c’est flippant, et vous pouvez d’ailleurs désactiver cette option). Loïc, expert en mobilité, a consacré un post détaillé à cette expérience (en ligne ici) et nous l’avons appelé pour qu’il nous en livre les principaux enseignements :

Comment vous est venue l’idée de vous faire “pister” par Google ?

Google le fait tout seul ! Je voulais savoir, par curiosité, combien de kilomètres je faisais en un an, pour me situer par rapport à la moyenne des Français. J’avais déjà calculé mon bilan carbone avec Nosgestesclimat, l’outil de l’Ademe (l’Agence de l’environnement) qui est très bien fait.

Le premier truc  à faire, pour s’impliquer pour le climat, est de faire son bilan carbone. On comprend ainsi tout de suite quelles sont les grandes masses de carbone à diminuer. Certains mettent beaucoup d’efforts à réaliser des actions négligeables pour le climat.

Il faut s’attaquer là où est vraiment le carbone ! Mais l’Ademe demande des infos qu’on a pas forcément. Pour la voiture, il suffit de regarder le compteur kilométrique. Mais comment savoir combien de kilomètres on parcourt en train ? En vélo ?

Vos calculs vous ont surpris ?

Je savais que mon bilan carbone serait plus faible : j’ai produit 8 fois moins de carbone que ce que j’aurais produit en me déplaçant autant sans boycotter l’avion et la voiture. Quatre tonnes de moins ! Sachant qu’on devrait émettre seulement deux tonnes par an en comptant toutes nos activités (alimentation, transport, chauffage, etc …) pour avoir un monde neutre en CO2 !

Le découpage des trajets selon la mobilité choisie.

Boycotter l’avion, c’est plutôt facile. Mais un boycott de la voiture ?

Je n’ai jamais vraiment utilisé la voiture, donc c’était plus facile. J’avais, avant, recours à la location ponctuelle, ce que je ne fais plus. Mais je me suis déplacé en voiture tout de même : 400 kilomètres en tout, soit 1,6% de mes trajets : je suis monté en voiture avec des collègues, pris un taxi parce que j’avais raté mon bus…

 

Vous avez beaucoup voyagé cette année !

Oui, je suis notamment allé en Turquie pour un mariage, en passant par l’Italie, la Grèce et la Bulgarie. Cela a pris un mois. J’ai eu une semaine de voyage entre Lyon et Istanbul avec des pauses en Italie et en Grèce. Je suis restée deux semaines en Turquie puis j’ai eu une semaine de voyage entre Istanbul et Lyon avec des pauses en Bulgarie, Grèce et Italie. Je suis aussi allé au Danemark pour mon travail.

 

Les trajets réalisés en un an par Loïc.

 

Souvent, j’ai du mal à motiver les gens à s’engager pour le climat, à ce qu’ils se passent de voiture et d’avion. Ils disent que c’est trop de sacrifices, qu’ils ne pourront pas voyager… Mais Darwin a fait le tour du monde, et l’avion n’existait pas.

Le coût n’a pas été un frein ? L’avion low cost est terriblement peu cher

Prendre un Ryanair pour aller en Italie puis louer une voiture pour deux semaines, ce n’est pas si bon marché. Mais il ne faut pas essayer de copier ce qu’on aurait fait en voiture et en avion. Le trajet fait partie du voyage : lors de mon périple de deux semaines jusqu’à Ankara, j’ai visité Rome, les Pouilles, les Météores, les Balkans, Istanbul, etc.

 

Il faut repenser totalement ses déplacements et l’idée même de voyage…

Voilà, on ne peut pas réfléchir comme un automobiliste ou un touriste d’avion, ça ne marchera pas, il y aura une déception. Le problème, c’est que le modèle qu’on nous donne à voir dans les magazines et les reportages ne tient pas compte du climat. Les gens agissent comme si on était quarante ans en arrière et qu’il n’y avait pas de problème climatique.

C’est sûr que sans avion, on ne peut pas passer un weekend à Porto ou une semaine à Tunis. Nous sommes tous responsables de la destruction de la biosphère.

Faire attention ne veut pas dire ne plus partir en vacances, et ce n’est pas plus cher. J’ai fait le compte : vu le nombre de kilomètres, je n’ai pas dépensé plus qu’un autre.

Mes comptes en banque indiquent que pour 25 000 kilomètres de déplacements personnels (sans compter les trajets professionnels), j’ai dépensé 2 750 euros, soit 11 centimes du kilomètre. Le coût kilométrique moyen d’une voiture est de 36 centimes par kilomètre.

La voiture coûte plus cher qu’on ne le pense

Quand on met 15 000 euros dans une voiture, c’est beaucoup d’argent ! Sans compter le parking, l’essence, le garagiste…

Tout le monde devrait se pencher sur sa mobilité, le nombre de kilomètres, le coût…

Oui mais il y a trois choses à mettre en place :

  • un mouvement sur les infrastructures à impulser, l’État doit mettre l’argent sur la table
  • une action sur l’offre du côté des entreprises : Air France pourrait proposer des liaisons en train plutôt qu’en avion par exemple
  • et les particuliers doivent se saisir des offres qui leur sont proposées. On peut faire plein de choses en train, à vélo et en bus.

En ville oui, mais à la campagne ?

Le baromètre des villes cyclables vient de sortir : La Rochelle arrive à la première place de la catégorie villes moyennes, pour les bourgs et villages, La-Tranche-sur-Mer (Vendée) est leader… Le pire, c’est la banlieue des grandes villes.

Mais globalement, les gens sous-estiment les possibilités de se déplacer sans voiture. La principale difficulté est l’accès à l’information. L’offre existe. Seulement, ça pose un défi organisationnel. Sans voiture, il faut plus préparer à l’avance.

En tout cas, les retours que j’ai eus sont très positifs. Beaucoup de gens sont intéressés par l’expérience, et aimeraient faire des voyages ainsi. Pour se départir de ce sentiment d’impuissance face à la destruction du monde, on peut mettre en cohérence ses propres pratiques, ça fait du bien.

Voici les quatre sites que conseille Loïc :

  • Trainline, pour le train et le bus en Europe
  • Rome2rio, pour les voyages plus lointain. On ne réserve pas mais on voit ce qui existe.
  • The man in seat 61, un blog (en anglais) avec plein d’infos utiles
  • Naturesansvoiture, le site de Loïc, destiné aux Lyonnais : il recense toutes les randonnées accessibles en transports en commun. A Paris, Helloways.com propose la même chose.

 

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