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Bouse story

Les coprophages sont moches et se nourrissent de matières fécales, mais on ne peut pas s'en passer

Bouse story

Paru le 1 juillet 2014

Ecrit par Mon quotidien autrement

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Rencontre avec Fanny, vétérinaire dans les Hautes-Alpes.

Il paraîtrait que les coprophages auraient un rôle majeur dans l’écosystème des prairies. Mais qui sont ces moches petites créatures ?

Littéralement, un coprophage, c’est celui qui mange les matières fécales ! C’est un insecte qui se nourrit exclusivement des matières organiques qui se trouvent dans les excréments des mammifères et par la même occasion les dégradent. Dans les crottes, il y a des résidus végétaux de ce qu’a mangé une vache par exemple, et une partie de sa flore et de sa muqueuse intestinale qui meurent. Il y a des sources protéiques dans les bouses même si ces mammifères sont herbivores. Donc effectivement, les coprophages peuvent trouver de la nourriture dans les excréments. Ce régime alimentaire concerne surtout les insectes, et notamment les diptères (les mouches par exemple) et les coléoptères, comme les scarabées que l’on appelle communément des bousiers.

Je ne pensais pas que ces petits insectes faisaient disparaître des bouses…

En fait, les coprophages font des galeries dedans. En gros, ils découpent la bouse et l’éparpillent sur le sol, et donc les végétaux prennent le relais, et la bouse se dégrade dans l’humus du sol et se retrouve dans l’écosystème de la prairie. Or, des bouses, il y en a plus qu’on ne le croit ! Elles représentent beaucoup de matières, vu qu’un bovin adulte produit en moyenne douze bouses par jour (4 kg en poids sec).

Et si on n’a pas de coprophages, on a des prairies tapissées de bouses ?

Oui. Sans coprophages, la bouse n’est pas dégradée, la prairie est effectivement tapissée, et l’herbe pousse mal : les ruminants ne peuvent plus se nourrir. Moi, j’ai vu des bouses au printemps, sous la neige, qui étaient encore là, depuis l’été dernier. La prairie en était remplie. En plus, les bousiers hébergent sur leurs carapaces des acariens, qui se nourrissent des larves des parasites, que l’on retrouve dans les crottes. Bref, c’est bien utile un bousier !

Certes. Et pourquoi sommes-nous dans un tel bourbier ?

Les chercheurs s’inquiètent parce qu’il a été prouvé que les produits vermifuges qu’on donne aux ruminants pour les parasites intestinaux -comme les strongles- tuent les coprophages. Nous, on s’intéressait beaucoup à la gestion raisonnée du parasitisme. On entend par là de ne pas traiter tous les six mois aveuglément les ruminants avec les antiparasitaires mais de faire des analyses des bouses puis de traiter de manière ciblée. Ca permet de ne pas flinguer les bousiers et en plus, ça évite que les parasites développent des résistances. On peut aussi se tourner vers tout ce qui est médecine douce, comme l’homéopathie. Par exemple, certaines plantes sont des vermifuges naturels, comme l’ail, le fenouil, la moutarde…

En fait, je pense qu’il faut faire vivre les ruminants le mieux possible avec leurs parasites. Pour cela, il faut pousser les défenses immunitaires naturelles des ruminants, et diminuer la pression parasitaire par des techniques de pâturage : on fait des rotations, on met les jeunes veaux sur des terrains non infestés.

Le saviez-vous ?

En Australie, pour pallier le dysfonctionnement des pâturages  (du fait de la rareté des scarabéides coprophages capables de recycler les bouses des bovins introduits) le Commonwealth Scientific Industrial and Research Organization (CSIRO) a dépensé entre 1970 et 1985 plusieurs millions de dollars australiens pour introduire une quarantaine d’espèces exotiques de bousiers, à la fois pour réduire les effectifs des mouches qui se développaient dans les déjections et attaquaient le bétail, et pour prévenir l’accumulation des bouses qui, non enfouies, conduisaient à une perte annuelle cumulée d’environ un million d’hectares de pâturages. Pendant 15 ans, chaque éleveur a été ainsi amené à débourser un dollar par an et par tête de bétail pour financer ce programme d’introduction, ce qui lui a fait prendre conscience de manière très directe de la valeur économique de ces insectes. Source : ici.

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