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Quand les cimetières deviennent écolos

Pourquoi les morts polluent.

Le cimetière de Souché a ouvert en 2014.

Paru le 29 octobre 2019

Ecrit par Déborah

Nos cimetières débordent. Depuis quelques années, plusieurs villes, en particulier en Allemagne (Cologne, Munich, Kiel), en Autriche et en Suisse, sont confrontées à un étrange problème. Ils ne sont plus en mesure d’accueillir de nouvelles dépouilles, car dans les anciennes sépultures, les corps ne sont pas encore décomposés. Alors que la décomposition s’effectuait habituellement en huit à dix ans, certains corps enterrés il y a quarante ans, n’ont pas encore achevé ce processus.

Les causes sont multiples. Les pesticides, massivement utilisés en agriculture, tueraient les bactéries nécessaires au phénomène de décomposition naturelle. Ironiquement, la trop forte concentration d’azote dans les sols (un gaz libéré notamment par les dépouilles des défunts) freine également le processus. Tout comme la pollution aux métaux lourds, due aux ajouts des dentistes sur nos mâchoires. Le taux d’humidité des sols jouerait également un rôle: quand ils sont trop secs ou trop humides, le développement bactérien est insuffisant. Sans compter que les cercueils sont désormais plus robustes, et que les produits utilisés pour la conservation des corps nuisent forcément à leur dégradation.

Les cimetières se mettent au vert

Cercueils et produits ne se contentent pas de ralentir la décomposition des corps. Ils accélèrent la pollution des sols dans les cimetières. Non seulement par les soins de thanatopraxie à base de formol (effectués sur 70 % des corps environ), mais aussi par le vernis des cercueils, les tissus capitonnés synthétiques, les poignées de métal. À tout ces facteurs, s’ajoutent les vêtements des défunts en matières synthétiques, les caveaux bétonnés et cimentés, ou les tombes creusées mécaniquement. À long terme, les sols sont menacés de stérilisation et les nappes phréatiques, de pollution.

De plus en plus, des alternatives se développent. Des cimetières écolos émergent. Il en existe beaucoup aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Depuis 2004, déjà, le cimetière de Pruillé, au sud d’Angers, propose de mettre en terre une urne biodégradable au pied d’un arbre. Depuis 2014, à Niort, au cimetière de Souché, les corps et les cendres sont déposés à même la terre ou dans un cercueil en matériau biodégradable. Les vêtements et le linceul doivent être en fibres naturelles, l’utilisation de pesticides est limitée. Même le mobilier (banc, clôture, fontaine) sont faits de matériaux naturels.

La crémation, qui est de plus en plus utilisée ( elle est passée de de 51 % à 63 % entre 2015 et 2018, selon un sondage Ipsos), ne se révèle pas très écolo non plus. La combustion est en effet très énergivore et génère des poussières et des émanations toxiques (gaz carbonique, oxyde d’azote, mercure…). Aujourd’hui, cependant, les crématorium doivent être équipés de filtres pour limiter cette pollution. En 2017, une étude de la Fondation Services Funéraires de la Ville de Paris prenant en compte l’ensemble du cycle de vie, de la prise en charge du corps jusqu’à sa décomposition, a estimé qu’une inhumation « moyenne » équivalait à 3,6 crémations, en termes de rejets de CO2.

Des alternatives à la crémation et à l’inhumation

Si l’inhumation et la crémation sont aujourd’hui les deux seuls rites permis par la législation française, d’autres solutions apparaissent.

  • la promession : le corps congelé est exposé à de l’azote liquide (-196 °C). Le corps rendu cassant est ensuite désagrégé en petits morceaux à l’aide de vibrations. Cette méthode n’est pas encore utilisée par les familles des défunts, même si certaines législations le permettraient (Australie, Afrique du Sud, Corée du Sud, Écosse, certaines parties de l’Allemagne).
  • l’aquamation (aussi appelée résomation, liquéfaction ou hydrolyse alcaline) : le corps est immergé dans une solution alcaline qui le dégrade et forme de la cendre blanche. Ce processus est autorisé dans certains Etats américains.
  • l’humusation : le corps est mis en compost entre des couches de bois et de feuilles.

Avis sur : Quand les cimetières deviennent écolos

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