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Des phéromones sexuelles pour un verger écoresponsable

Parsemés dans les vergers, des petits boîtiers au parfum de l'amour déboussolent les insectes indésirables mâles.

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Paru le 23 avril 2019

Ecrit par Elsa de Mqa

​On appelle cela la « confusion sexuelle ». Non pas pour qualifier ces étés ensoleillés au camping, quand on était ado et qu’on ne savait plus où donner de la tête. Non, dans cet article, nous décrivons une méthode douce pour empêcher les vers de boulotter des pommes. C’est plus prosaïque tout à coup.

Eric Martineau est pomiculteur à Chenu, dans la Sarthe. Et voici comment il décrit la méthode sur son blog, pour éviter que les carpocapse ne grignotent ses fruits :

« Pour éviter que les mâles ne rencontrent les femelles, les pomiculteurs placent à intervalles réguliers des diffuseurs de phéromones. Cette hormone de la femelle carpocapse va ainsi se répandre dans le verger. Le mâle, désorienté, ne trouvera pas la femelle, ne s’accouplera pas. Sans accouplement, pas de larve, et donc pas de vers dans les pommes. »

Il s’agit donc de chambouler les mâles pour éviter qu’ils ne se reproduisent, en posant ci et là des petits boîtiers plein de phéromones, le parfum de l’amour. Si vous voulez avoir l’air plus sérieux quand vous évoquez le sujet, parlez de « médiateurs chimiques » pour assurer le « biocontrôle ». C’est en ces termes, entre autres, que l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) évoque la technique. L’institut a identifié un grand nombre de phéromones sexuelles de ravageurs des cultures et des forêts, et ce, depuis les années 80 !

Ce biocontrôle permet de se passer d’insecticides, pesticides, bref, de biocides, qui tuent la faune et la flore. Sujet d’importance quand on sait qu’en France, on estime que la larve est responsable de 30 à 40% des traitements insecticides sur pommiers. (Petite précision à glisser dans une conversation : celui que l’on nomme communément le ver de pomme est en fait une chenille, puisqu’une fois adulte, le carpocapse est un papillon…)

Pourtant, bien qu’elle ait démontré son efficacité, « seuls 3% des vignobles français sont aujourd’hui protégés par confusion sexuelle. Un chiffre bien bas comparé à ceux de la Suisse et de l’Allemagne, où respectivement, 43% et 65% des vignobles bénéficient de cette technique », détaille l’Inra.

Les recherches de l’institut sur le biocontrôle ont amené l’Inra à travailler sur d’autres initiatives. Par exemple, l’Inra planche sur la pose de nichoirs à mésanges. Cet oiseau peut en une seule journée dévorer une quarantaine de chenilles…

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