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Les pesticides font des ravages sur la santé humaine

Les études le soulignent encore et encore.

Application de pesticides

Paru le 7 septembre 2021

Ecrit par Elsa de Mqa

« On a cru au miracle, raconte Christian Jouault, un ancien agriculteur, à France 3. Avant, il fallait aller dans les champs arracher les rumex, avec leurs racines de 12 kilomètres de long, c’était l’enfer. Avec l’atrazine [un herbicide interdit en France depuis 2001, ndlr], tout était nickel, plus rien ne dépassait. C’était miraculeux ! » Ce « miracle » des pesticides, Christian l’a en travers de la gorge. Son épouse est décédée d’un lymphome non hodgkinien et lui, qui dès l’adolescence se trouvait dans les champs lorsqu’ils étaient aspergés de produit, a un cancer de la prostate. « On ne se rendait pas compte. J’imaginais que c’était dangereux si on avalait le produit, mais pas si on le respirait. »

Le lien entre exposition aux pesticides et maladies est désormais bien connu. Un rapport accablant vient d’enfoncer le clou. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) avait déjà publié une expertise collective « Pesticides : effets sur la santé » en 2013. Celle-ci a été réactualisée et rendue publique en juin dernier. Le travail abattu est colossal : depuis 2018, environ cinq mille résultats d’études de la littérature scientifique récente ont été analysés afin d’examiner le lien entre une vingtaine de pathologies et les pesticides.

Voici les principales informations que Mon Quotidien Autrement a isolées :

Les agriculteurs, premières victimes

L’expertise confirme la présomption forte d’un lien entre l’exposition professionnelle aux pesticides et six pathologies : lymphomes non hodgkiniens (un cancer du système lymphatique), myélome multiple (un cancer de la moelle osseuse), cancer de la prostate, maladie de Parkinson, troubles cognitifs, bronchopneumopathie chronique obstructive et bronchite chronique. Il existe une présomption moyenne pour, par exemple, la maladie d’Alzheimer, les troubles anxio-dépressifs et différents cancers.

Que faire ? « Il paraît délicat d’interdire des produits du jour au lendemain, tant il est difficile de changer les habitudes. Cependant, il y a deux leviers évidents : une plus grande protection des agriculteurs quand ils travaillent, et l’évolution des méthodes. Il y a bien des personnes qui font de l’agriculture biologique, donc il est possible de cultiver sans pesticides ! », répond Xavier Coumoul, coauteur de cette expertise, dans Mediapart.

Les enfants sont aussi concernés

Les études permettent de conclure à une présomption forte de lien entre l’exposition aux pesticides de la mère pendant la grossesse (ou l’exposition de l’enfant) et le risque de leucémies et de tumeurs du système nerveux central chez l’enfant.

Les pères aussi sont concernés : un lien a été mis en évidence entre le risque de leucémie aiguë lymphoblastique et l’exposition professionnelle paternelle avant la conception de l’enfant.

Les pesticides ne sont pas uniquement responsables de cancers. Un lien entre l’exposition aux insecticides pyréthrinoïdes pendant la grossesse et l’augmentation des troubles du comportement tels que l’anxiété a été prouvé. Chez les enfants, des «comportements évocateurs des troubles du spectre autistique» pourraient aussi être liés à la proximité avec des zones d’épandages de pesticides (dans un rayon de moins de 1,5 kilomètre). 

Les pesticides sont aussi dans nos maisons

Certes, plusieurs pesticides sont désormais interdits. Mais le danger est toujours là. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que les pyréthrinoïdes, qui sont censés causer moins de dégâts que les organophosphorés qui eux-mêmes avaient été introduits après l’usage de produits très dangereux comme le DDT, de la famille des insecticides organochlorés, ont en réalité, eux aussi, un impact sur la santé humaine », détaille Xavier Coumoul.

Au fait, de quoi parle-t-on ? Lorsqu’on évoque les pesticides, on pense immédiatement aux grandes cultures traitées massivement. Mais il s’agit aussi de l’utilisation de produits anti-poux sur les cheveux d’enfants ou pour les animaux domestiques, d’insecticides (anti fourmi par exemple), d’émanation des substances à partir de biens et matériaux traités (meubles, bois, tapis, matelas…) et bien sûr de traitements au jardin. 

« Le principe de précaution est inscrit dans la loi française »

Si la somme d’études compilées est considérable, il reste de nombreux angles morts. Ainsi, il n’existe à ce jour pratiquement aucune donnée épidémiologique portant sur les effets des SDHI (une famille de fongicides utilisée depuis 30 ans qui inhibent la respiration cellulaire chez les espèces cibles) sur la santé des agriculteurs ou de la population générale.

Interrogé par Libération, Jean-Marc Bonmatin, chercheur chimiste et toxicologue au CNRS, fait grise mine. Il anticipe le manque de réaction des autorités : « Le principe de précaution est inscrit dans la loi française et il doit s’appliquer. Pourquoi faut-il des démonstrations absolues pour interdire des pesticides et seulement des hypothèses rassurantes et souvent fausses pour les autoriser ? Ce sont deux poids deux mesures. Tout cela pour des intérêts privés, alors que la facture sur la santé c’est tout le monde qui la paye.»

Avis sur : Les pesticides font des ravages sur la santé humaine

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