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Ça fait réfléchir

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Manger en pleine conscience, vous avez envie d’essayer ?

Manger en pleine conscience, c'est avant tout apprendre à écouter son corps. Avant le repas, interrogez-vous : "Est-ce que j'ai réellement faim ?"

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Paru le 29 mai 2018

Ecrit par Elsa de Mqa

Ça fait réfléchir


​Que diable peut bien signifier manger en pleine conscience ? Est-ce que ce serait tout bonnement ne pas boulotter un muffin à la rhubarbe sur le canapé en regardant un film le dimanche soir ? Aurélia Ryckebusch, diététicienne-nutritionniste qui tient le blog Les cookineries d’Aurelia, a répondu à toutes nos questions.

Qu’est-ce que l’alimentation en pleine conscience ?

C’est une façon de manger, d’être pleinement conscient de l’acte de manger, mais pas seulement. Il s’agit d’être aussi conscient de tout ce qui se passe dans notre corps quand nous avons faim, quand nous mangeons, de comprendre comment la nourriture peut influencer nos émotions et vice versa. Et aussi d’être conscient de toutes les personnes grâce à qui nous pouvons avoir notre steak haché dans notre assiette. En fait, il s’agit de remettre l’acte de manger au centre de ses préoccupations car il est vital, sans oublier le plaisir que celui-ci doit nous apporter.

A qui conseilleriez-vous cette méthode ?

A tout le monde ! Dans notre société actuelle où on ne prend plus le temps de manger à midi car il faut être productif – comme si manger était un acte de personnes fainéantes – on mange tellement en quatrième vitesse que parfois on « oublie » qu’on vient de manger. En tout cas, notre cerveau n’a pas eu le temps de l’assimiler. Pour avoir la sensation d’avoir mangé et d’être rassasié, on finit par avoir ces fameuses fringales d’une heure après le repas. D’ailleurs, dans ces moments là, on savoure sa barre de chocolat ou son morceau de fromage comme si c’était le St Graal… Ce n’est pas pour rien !

Il s’agit donc d’un régime ?

Ce n’est pas une méthode pour perdre du poids, c’est une méthode pour retrouver un mode de vie sain, respecter sa nourriture, respecter son corps dans son fonctionnement, sa vulnérabilité (oui, on a le droit de craquer devant la tablette de chocolat quand on est triste, c’est normal !), de prendre le temps de se reconnecter à son corps pour mieux écouter ses propres besoins.

Comment apprendre à écouter son corps ?

Pas besoin d’apprendre, c’est inné ! Les enfants savent très bien écouter leur corps, s’arrêter de manger quand ils n’ont plus faim, ou bien arrêter de manger des haricots verts quand leur corps n’a plus besoin des vitamines et minéraux qu’ils contiennent – ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont pas besoin de dessert, celui-ci peut contenir des éléments dont leur corps a besoin. Mais, avec l’éducation « finis ton assiette », « tiens une sucette, tu as été sage », avec les publicités à gogo, etc on dérègle complètement notre système d’auto-régulation. On devient adulte avec des dérives alimentaires, on ne sait plus s’arrêter à satiété… On peut bien sûr retrouver cette façon de manger, mais cela demande de la pratique, d’autant plus si vous avez des années de « non-écoute » de soi derrière vous. Cette façon de manger nous apprend aussi à nous écouter et donc à être bienveillant envers nous. Il ne s’agit donc pas d’être parfait, mais de faire du mieux qu’on peut. La fameuse voie du milieu, ni trop ni pas assez.

Concrètement, qu’est-ce qu’on peut faire ?

La première chose que l’on peut faire c’est, avant de se mettre à table, se poser la question intérieurement : « Est-ce que j’ai réellement faim ? » Est-ce que j’ai faim parce que c’est l’heure de manger ? Est-ce que j’ai faim parce que mes yeux ont vu ce gâteau aux fraises tout à l’heure ? Est-ce que j’ai faim parce que je suis énervé ? Est-ce que j’ai faim parce que mon ventre gargouille et que j’ai l’impression d’être faible ? Idéalement, si on ne ressent pas comme un creux dans l’estomac, ou des gargouillis, ou une sorte de faiblesse générale c’est que notre corps n’a pas encore faim, donc n’a pas encore besoin d’énergie pour vivre. Les signaux sont propres à chacun, et il existe des exercices pour faire l’expérience de la faim et découvrir quels sont ses propres signaux.

Est-ce qu’on peut manger en pleine conscience au Mac Do ? Ou est-ce que cette technique ne concerne pas seulement l’écoute de son corps mais aussi une attention à une alimentation saine ?

L’alimentation en pleine conscience prône la voie du milieu : il faut aussi s’adapter à notre mode de vie, nos habitudes alimentaires, sans quoi cela deviendra une règle de plus à respecter qui nous enfermerait dans un cadre bien trop rigide. Et trop de contrôles entraînent des pertes de contrôle : l’alimentation en pleine conscience ne fera donc pas mieux que tous les régimes restrictifs qui existent. Il n’y pas de meilleure façon de manger, il y a une façon de manger qui nous convient et que nous serions prêts à suivre toute notre vie, sans que cela pose de problème d’un point de vue de nos valeurs (si nous souhaitons manger sainement par exemple), de notre façon de vivre (si le Mac Do est LE rendez-vous familial du mois, alors il ne faut pas le supprimer), de nos envies ou de ce que nous n’aimons pas (pas besoin de se forcer à manger des haricots verts si on n’aime pas ça  !) Donc oui, on peut manger en pleine conscience au Mac Do et profiter pleinement du moment pour ne pas en faire un repas banal. Une fois de temps en temps, il n’y a vraiment aucun problème.

Comment manger en pleine conscience en famille ou avec des amis ?

Pour commencer, il est plus facile de pratiquer lorsqu’on est seul à manger. Manger en pleine conscience avec des amis suggère qu’à certains moments, on coupe un peu notre écoute de la super discussion de la copine et qu’on écoute son corps. Mais on nous apprend depuis le plus jeune âge à être disponible partout tout le temps pour les autres à nos dépends, comme si on n’importait peu… Il s’agit de se recentrer et d’apprendre à être disponible pour soi : il est bénéfique d’être égoïste parfois, ce n’est pas « mal ». On oublie qu’être reconnecté à soi et ses besoins permet d’être entier et 100% soi, donc d’avoir plus de temps, de disponibilité et de respect pour les autres également.

Avez-vous des petits exercices, ou techniques, pour commencer en douceur ?

Un exercice le plus « facile » à pratiquer c’est la dégustation en pleine conscience. Il est aussi utilisé dans les craquages alimentaires. Il s’agit de déguster sa nourriture comme on dégusterait un grand cru de vin. En inspectant l’aliment : sa forme (carré, ovale, biscornue), sa texture (fondant, craquant, croustillant), sa couleur, son odeur. On déguste d’abord avec les yeux et le nez sous toutes les coutures, puis on croque un petit morceau et on recommence à jouer au jeu des saveurs, quelle texture en bouche, l’odeur a-t-elle changé, quelle émotion cela me procure… Puis on finit par manger son aliment selon le même principe.

On peut rajouter des questions avant, pendant et après, du type, « comment était ma faim sur une échelle de 1 à 10 ?’ ou « cet aliment m’a-t-il procuré du plaisir ? »

Les personnes qui ont tendance à manger très vite sans se rendre compte de ce qu’elles font, parce qu’elles mangent devant la télé ou alors parce qu’elles mangent pour combler un autre besoin, comme une émotion par exemple, s’aperçoivent alors qu’elles ont besoin de moins de nourriture pour être pleinement satisfaites.

Nombre de spécialistes en parlent comme d’une manière douce pour se réapproprier le repas, pour les personnes voulant maigrir par exemple. Mais est-ce que manger en pleine conscience, n’est pas une nouvelle injonction ?

Instinctivement, cette méthode vous apprend à ralentir, donc à manger moins vite. Elle vous apprend à vous écouter, donc à adopter une alimentation plus saine et plus proche de vos besoins. Elle vous apprend aussi à être plus bienveillant envers vous donc à arrêter de vous créer vos propres injonctions qui vous font perdre le contrôle, et vous font trop manger. Cette méthode ne vous fait pas spécialement perdre du poids, elle vous aide à retrouver le poids pour lequel vous êtes génétiquement programmé. Si vous avez tendance à manger plus que vos besoins, et donc à prendre du poids, alors oui cette méthode peut vous aider à perdre du poids. Mais vous vous arrêterez à votre poids programmé et bien souvent ce poids ne correspond pas avec celui que vous désirez – je ne vais pas rentrer dans les détails du diktat de la minceur, on connaît tous ce grand débat ! C’est pourquoi manger en pleine conscience ne suffit pas, il y a tout un travail à faire sur les émotions, sur l’acceptation du corps, de ses besoins… Être pleinement satisfait de soi, peu importe si on a respecté l’équilibre alimentaire aujourd’hui, peu importe si on rentre dans du 38, c’est être juste soi et vivre sa vie comme on a envie de la vivre.

Vous parlez plutôt d’alimentation intuitive sur votre blog, est-ce la même chose ?

Certains vous diront que oui mais chacun s’approprie les mots et leur définition ! Pour moi l’alimentation intuitive englobe le fait de manger en pleine conscience. Au final, avec les personnes que je conseille, je parle même pour aller plus loin, d’une vie intuitive. C’est-à-dire une vie où on ne se pose plus de questions, et où on fait « à l’instinct » comme nos ancêtres faisaient. Tous les messages nutritionnels : manger ceci, surtout pas manger cela, avoir un IMC compris entre 18 et 25… peuvent entraîner des dérives alimentaires car les gens ne savent plus réfléchir par eux-mêmes. Les règles diététiques peuvent être très justes, mais elles oublient un élément essentiel : la praticité au quotidien et surtout la particularité, l’individualité de chacun.

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Les commentaires :

Au départ, c’est effectivement plus facile à dire qu’à faire Elisabeth. Mais au bout d’un certain temps, cela devient un automatisme.

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