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Comment l’Italie a inventé un nouveau modèle de psychiatrie

Une thérapie centrée sur la réinsertion du patient.

En Italie, un loi datant de 1978 a fait fermé tous les hôpitaux psychiatriques.

Paru le 25 novembre 2019

Ecrit par Déborah

« Les hôpitaux psychiatriques n’ont aucune valeur de cure, ils sont au contraire producteur de maladie. » Cela, Franco Basaglia en était persuadé. C’est à ce psychiatre, figure majeure de la psychiatrie dite « alternative », que l’on doit la fermeture de tous les asiles d’Italie.

Dans ce pays, qui compte neuf fois moins de lits en psychiatrie que la France (Eurostat, 2017), l’hospitalisation sanitaire obligatoire concerne moins de 10 % des patients et le taux de suicide, déjà faible, a été divisé par deux entre 1990 et 2011.

Réinsérer les patients

Lorsqu’il arrive à Trieste en 1971, Franco Basaglia a une idée en tête : rendre leur liberté aux malades, pour mieux les soigner. Une pensée peu commune, à une époque où les électrochocs et la camisole sont encore monnaie courante. Par un tour de force, il réussit à imposer son point de vue et fait fermer les hôpitaux psychiatriques de cette ville de l’Adriatique. Puis, il va même plus loin : en 1978, une loi ordonne la fermeture de tous les établissements du pays.

Aujourd’hui, à Trieste, quatre centres psychiatriques accueillent les malades. Quatre centres avec une capacité très restreinte et prévus pour des séjours courts. En plus des médecins et des infirmiers, des assistants sociaux et des experts en réhabilitation sociale accompagnent les patients. La prise en charge des malades, que l’on préfère appeler des « personnes » repose surtout sur un large réseau d’une quarantaine de structures : des services de soins, des associations, des entreprises. Tout est fait pour faciliter la réinsertion des patients. Un emploi adapté leur est proposé, ainsi que la possibilité d’être hébergé dans des familles d’accueil, et de nombreuses activités thérapeutiques ou non.

Une psychiatrie sociale

« La psychiatrie exercée ici est une psychiatrie sociale. Elle ne s’intéresse pas qu’aux symptômes, mais aussi et surtout à la complexité et à la globalité de la vie des personnes, explique Oletta Chiarappa, assistante sociale au sein du service de santé mentale, sur RFI. Nous pensons qu’une personne qui vit dignement, qui a un travail, un logement, la possibilité de se sociabiliser et les mêmes droits que les autres, va aller mieux ».

Le modèle a fait ses preuves. Il a même été salué par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et a fait quelques émules en France. A Besançon, une maison-relais accueille par exemple des personnes souffrant de troubles psychiques dans un lieu de vie ouvert sur la ville, cherchant à créer un pont entre l’hôpital et la société.

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