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Et si l’écologie était une start-up ?

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Paru le 21 mai 2019

Ecrit par Laure Grouas

Tout le monde ou presque reconnaît l’urgence climatique et la nécessité de mettre en place un plan de transition énergétique. On sait même combien ce plan coûterait à l’échelle européenne. La Cour des Comptes européenne estime qu’il faudrait investir 1100 milliards € par an pendant 10 ans.

Et pourtant rien ne se passe …

L’exemple de Nespresso

Souvent dans les grandes entreprises, quand il y a un nouveau projet de grande envergure et pas rentable à court terme, l’entreprise décide de lui allouer un budget à part et une équipe à part, déconnectés du reste de l’entreprise. Et c’est comme cela que le projet avance.

Par exemple, au début de son histoire, Nespresso était une idée toute petite et faiblarde qui ne marchait pas trop bien. Le groupe Nestlé a décidé de lui donner sa chance en la protégeant du reste de l’entreprise, en la considérant comme une sorte de start-up au sein du groupe.

Alors pourquoi, ne fait-on pas la même chose pour l’écologie ? Avec un budget européen à part, une équipe à part, des investissements long terme et réguliers, on éviterait que l’écologie soit toujours dépriorisée au regard des problématiques et pressions économiques auxquelles sont confrontés nos politiques. Les plans d’urgence pourraient avancer avec à la clef bien-être et milliers d’emplois vertueux pour tous.

Les grandes stratégies

Celles que la start-up écologie devrait mettre en place à l’échelle européenne ont été clairement identifiées par de nombreux experts.

Il y en a cinq :

  • Transformer notre agriculture intensive et fortement utilisatrice de pesticides en une nouvelle agriculture (petites exploitations en agriculture raisonnée ou bio quand cela est possible, recours à la permaculture, l’agroécologie, réimplantation du bocage, …)
  • Isoler nos bâtiments en mettant en place des normes strictes pour les constructions à venir et des systèmes de déduction fiscale pour l’isolation des bâtiments existants
  • Capitaliser sur le rail : réhabilitation des petites lignes, des trains de nuit et du frêt ferroviaire
  • Sortir des hydrocarbures d’ici à 2050 en investissant dans une politique d’énergies renouvelables avec une approche très locale, qui tienne compte des spécificités géographiques, géologiques, sociales et économiques des territoires
  • Mettre en place un programme de recyclage afin que les matières premières puissent être réutilisées plutôt que détruites

L’Europe développerait alors une expertise qu’elle pourrait partager autour d’elle, en Afrique ou en Amérique du Sud, par exemple, pour épargner à ces pays nos cent ans de pollution et gaspillage.

De l’argent, une banque, des impôts verts, quelques taxes

1000 milliards par an pendant 10 ans pour assurer le bon fonctionnement de la start-up écologie, cela peut paraître beaucoup …

Rappelons en préambule et comme le souligne le Pacte Finance-Climat (PFC) que lors de la crise 2008, la BCE (Banque Centrale Européenne) a créé en quelques jours plus de 1.000 milliards € dont la majorité est partie à la spéculation et dans les banques privées. Quand on veut trouver de l’argent, on en trouve …  » Si l’écologie était une banque, on l’aurait déjà sauvée », constate amèrement le PFC.

La start-up écologie aurait son financement autonome. Ses dépenses sortiraient de la règle européenne des 3% de déficit public, dans la lignée du PFC.

Une Banque Européenne pour le Climat et la Biodiversité (BECB) proposerait des prêts à taux privilégiés. Un « impôt vert » serait levé auprès des particuliers, ainsi qu’une taxe de 3% à 5% sur les bénéfices non réinvestis des grandes entreprises. Les fonds d’investissement et autres établissements financiers viendraient boucler ce budget.

Ou comment la nouvelle économie pourrait servir la transition écologique dont l’urgence n’est plus à démontrer.

 

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Les commentaires :

C’est clairement le programme d’Europe Ecologie Les Verts. Il y manque les volets humains : lutter pour plus de justice sociale, et le respects des migrants.

Bonjour,

Effectivement, c’est très proche du programme d’Europe Écologie les Verts, le volet social en moins. Une bonne partie du programme a aussi été repris par LREM et Place Publique. L’objet de l’article était surtout de montrer qu’il y avait urgence à répondre à l’enjeu écologique en en faisant une priorité à part avec des investissements long terme dédiés, une banque européenne dédiée et en sortant de la règle des 3 %

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