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École en Allemagne : comment ça se passe ?

Cours le matin, activités l'après-midi.

C'est l'heure de la rentrée scolaire.

Paru le 1 septembre 2020

Ecrit par Déborah

C’est la rentrée ! Et après une année décousue, déroutante et anxiogène, les élèves (et leurs parents) se demandent bien à quelle sauce ils vont être mangés. Pour certains, néanmoins, la période de déconfinement a laissé entrevoir une autre façon de penser l’école. Moins de temps dans les salles de classe, moins d’élèves par classe, plus de temps à la maison, plus de temps consacré à d’autres activités. Une organisation se rapprochant presque de l’école en Allemagne, en somme.

Pourquoi pas un système à l’allemande en France ?

Alors nous nous sommes posés la question : pourquoi n’adoptons-nous pas un système éducatif à l’allemande ? À en croire le classement Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), nous aurions à y gagner. Réalisé tous les trois ans depuis 2000, il compare le niveau des jeunes âgés de 15 ans un peu partout dans le monde. Lors de la dernière édition (parue en décembre 2019), l’Allemagne devançait la France. Pas de beaucoup, c’est vrai, puisque les deux pays étaient au-dessus de la moyenne de l’OCDE et que la France occupait la 23e place et l’Allemagne la 20e. Mais l’Allemagne dépasse l’Hexagone dans tous les domaines : compréhension de l’écrit, mathématiques et surtout sciences, où l’écart est particulièrement marqué. On peut rajouter que dans l’apprentissage des langues également, les élèves allemands sont plus à l’aise que les Français.

Les différences entre l’école en France et l’école en Allemagne

A chaque région son école

D’abord, contrairement au système français très centralisé, en Allemagne, chaque Land (l’équivalent d’une région en France) peut déterminer son programme scolaire et ses objectifs éducatifs, dans la mesure du raisonnable. D’un Land à l’autre, il peut ainsi y avoir des différences de niveau assez importantes.

Pas d’école l’après-midi

Le rythme scolaire est aussi très différent. Les élèves ont cours en matinée, de 8 à 13 heures, parfois jusqu’à 15h30. Dans la majorité des écoles, il n’y a pas de cantine. Si besoin, les enfants emmènent un repas léger, des sandwichs, qu’ils mangent en classe. L’après-midi est consacrée aux devoirs et/ou aux activités extra-scolaires. Journées moins chargées, impliquent vacances plus courtes, pour compenser. L’été, les petits Allemands n’ont que six semaines de congé et ils ont également moins de vacances au cours de l’année.

Des mères plus disponibles

Ce système exige plus de disponibilité de la part des parents, pour garder leurs enfants et les conduire à leurs différentes activités. Raison pour laquelle les mères allemandes travaillent moins. Pour être exact, elles sont plus nombreuses à travailler (75,2% contre 66,7 % en France). Mais la moitié travaille à temps partiel. Généralement, les femmes allemandes interrompent leur carrière à la naissance d’un enfant, et ne la reprennent qu’à temps partiel une fois que ce dernier est entré à l’école (obligatoire à partir de 6 ans). Ce phénomène est encore plus marqué à l’est du pays où les structures d’accueil de jeunes enfants, comme les crèches, sont encore peu développées.

Une voie choisie très tôt

Autre spécificité outre-Rhin, le mode de sélection précoce. Dès la fin de l’école primaire, les élèves sont orientés en fonction de leurs résultats. Trois voies sont possibles : la Hauptschule (3 ans) accueille les élèves les plus en difficulté et peut déboucher sur des formations en apprentissage ; la Realschule (4 ans), pour les élèves de niveau moyen, conduit à la voie technique et professionnelle ; le Gymnasium (8 ou 9 ans) pour ceux qui ont les meilleurs résultats, permet d’accéder aux formations universitaires. Une fois qu’ils ont choisi une voie, difficile pour les élèves d’en changer

Et si c’était plutôt l’Allemagne qui prenait modèle sur la France ?

Paradoxalement, de plus en plus, l’Allemagne a tendance à gommer les spécificités de son modèle éducatif. Lors de la première édition de l’étude Pisa, le pays avait été traumatisé par les résultats. Le niveau des jeunes allemands apparaissait alors passable pour un pays comme l’Allemagne. En Une, le Spiegel avait même titré « Les élèves allemands sont-ils nuls ? ». C’était en 2001. Depuis, le pays en entrepris d’importantes réformes.

Les réformes ces vingt dernières années

  • La journée scolaire s’étend de plus en plus l’après-midi ;
  • les inspections ont été multipliées ;
  • les examens et les programmes ont été en partie harmonisés à l’échelle nationale ;
  • l’apprentissage de la langue à partir de trois ans s’est démocratisé, alors que traditionnellement les enfants entraient plus tard à l’école, afin de réduire les inégalités, en particulier pour les enfants issus de l’immigration ;
  • des passerelles ont été créées entre filières générales et spécialisées ;
  • le statut d’enseignant a été revalorisé, financièrement notamment…

De sorte que désormais, l’école en Allemagne ressemble un peu plus à l’école en France. Pour un bien ?

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Les commentaires :

N’étant pas française, mais vivant en France depuis quelques décennies, je m’amuse – avec une certaine irritation, de ces comparaisons permanentes que font les Français avec l’Allemagne dans tous les domaines. Ca crée chez les Français un sentiment d’infériorité, une sorte d’irritation sur leur « identité » (fierté/arrogance ?) nationale, et peut – dans la vie de tous les jours, y compris professionnelle, conduire à une incompréhensions permanente des Français à l’égard de ce qui est « nordique/germanique ». Après une carrière en France, je peux vous dire qu’il y a beaucoup d’a priori négatif chez les Français. A cause de ces comparaisons, ils n’ont – en général – pas envie du tout de prendre l’exemple … dans le nord, voire en Allemagne. Je trouve qu’ils ont raison. Les médias sont clivant. Au lieu de se comparer, pourquoi ne faites-vous (le Français) pas votre propre aggiorniamento : une mise à plat, une analyse et, surtout, une valorisation de l’existant positif. Le problème de l’Education (nationale ou pas) en France, est cet épouvantable fil conducteur de l’élitisme, de la sélection (écrémage) et donc une logique/pédagogie d’ELIMINATION (du non-élitaire potentiel) malgré toutes les réformes. C’est l’esprit d’Elimination (négatif) plutôt que d’Education (positif) qui affecte (et plombe) l’ensemble du système éducatif (école et au-delà de l’école, même à la maison). Cela fait partie du subconscient collectif … aussi, n’est-il probablement pas suffisamment conscient. Alors, pourquoi pas valoriser et améliorer le système français en le décentralisation suffisamment, au lieu de prendre une recette ici, une pratique labas et le calquer sur un substrat inadapté ? Donc, s’il vous plait, arrêter ces comparaisons avec l’Allemagne !!!! Merci.

Bonjour Mieke,
Merci beaucoup pour votre commentaire. Nous devons en effet nous concentrer sur l’amélioration et la valorisation du système scolaire français. Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas regarder ce qu’il se fait ailleurs. Mais bien entendu, les problématiques sont très différentes d’un pays européen à l’autre.

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