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Et si on s’éclairait à la crevette ?

Crevettes, calamars, et autres espèces marines peuvent être des lanternes vivantes

Et si on s'éclairait à la crevette ?

Paru le 24 novembre 2016

Ecrit par Mon quotidien autrement

Bizarre et intéressant

Nous, on n’y a jamais mis les pieds. Mais à la baie des moustiques, à Porto Rico, le bain de minuit prend un tout autre sens. Imaginez-vous, voguer dans l’obscurité et plonger dans les flots dans.. un océan de lumière. Des milliers d’algues marines, une fois « remuées », se mettent à s’illuminer… On vous sent curieux : cliquez-ici pour voir ce que ça donne.

C’est quoi, la bioluminescence ? 

Pourquoi ces algues brillent-elles façon sapin de Noël ? On appelle ça la bioluminescence, et c’est aussi ce qui fait briller les lucioles et les vers luisants. Pour le dire simplement, c’est la capacité des êtres vivants à produire de la lumière. Le phénomène est en fait commun à des milliers d’espèces, surtout marines, et notamment les espèces abyssales. Kamil Fadel, chef du département de physique au Palais de la découverte explique dans une note : « Les grands fonds ne sont donc pas totalement obscurs : il y règne les lueurs de ces lanternes vivantes que sont les espèces bioluminescentes. » A partir de seulement 850 m, 90 % des méduses, des poissons, des crevettes, des calamars émettent de la lumière !

Les scientifiques l’observent depuis longtemps. Tenez, dès 1647, le Néerlandais Thomas Bartholin publiait le premier livre consacré à la lumière animale, De Luce Animalium.

Pourquoi diable des êtres vivants produiraient-ils de la lumière ?

Kamil Fadel résume les raisons qui poussent les êtres vivants à briller : l’éclairage – on s’en doutait – mais aussi le camouflage, la répulsion ou l’attraction d’autres organismes. « Certaines lucioles Photuris utilisent leur lumière comme « phare d’atterrissage » pour illuminer la feuille ou la brindille sur laquelle elles comptent atterrir », explique le chercheur. Autre exemple : « Des crevettes du genre Acanthephyra qui vivent en eau profonde crachent un liquide luminescent vers les yeux des poissons qui tentent de les capturer. La lumière est suffisante pour éblouir et distraire le prédateur, permettant à la crevette de fuir. » D’autres organismes, comme les fameux vers luisants, se lancent dans de véritables parades nuptiales, pour attirer les mâles… Bye bye l’english, le langage lumineux est donc la langue la plus parlée de la planète !

Est-ce qu’on pourrait s’en servir pour nous éclairer ?

Eh bien, ces êtres ont été utiles aux officiers japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Prenez une pincée d’ostracodes séchées (des sosies de moules velues), écrasez-les dans votre paume, mouillez-les légèrement et… les voilà qui émettent une lueur suffisante pour lire une carte.
C’est en tout cas l’idée sur laquelle planchent de nombreux chercheurs à travers le monde, dont… des Français. Glowee est une jeune startup, et elle vient d’être sélectionnée par la revue du MIT parmi les innovateurs de moins de 35 ans de l’année 2016. Quelle invention leur doit-on ? Glowee explique : « Nous utilisons des gènes codant pour la bioluminescence chez des bactéries symbiotiques du calamar. Ces gènes sont insérés dans des bactéries communes, non pathogènes et non toxiques. Une fois ingénieurées et cultivées, ces batéries sont encapsulées dans une coque transparente, aux côtés d’une solution nutritive contenant tout ce dont elles ont besoin pour vivre et produire leur lumière » En deux mots, vous voilà avec des jolis capsules lumineuses. Le hic : la durée de vie des organismes ne durent que 72 heures et leur lueur n’est pas… éblouissante.

Quelles autres utilisations sont possibles ?

La plus récente est celle d’un groupe d’étudiants français – eux-aussi viennent d’être récompensés par le MIT. Ils ont inventé un drone qui localise la pollution, grâce à des bactéries génétiquement modifiées. Voyez plutôt : diffusez dans l’air des bactéries e.coli modifiées grâce à des drones, et les voilà qui s’illuminent au contact de polluants (benzène et tolluène, cancérigènes). Résultat, les drones cartographient en 3D la pollution de l’air.

Quid du futur ?

N’oublions tout de même pas qu’il s’agit d’organismes génétiquements modifiés, et on peut dès lors s’interroger sur leur dissémination dans la nature. « C’est une modification génétique mineure par rapport à celles couramment pratiquées pour doter des cultures de gènes de résistance aux herbicides par exemple, explique (ici) George Church, professeur à Harvard. Cette modification génétique ne fait rien synthétiser de particulier hors de la plante. Aussi, si elle se dissémine, les conséquences pour l’environnement ne seront sans doute pas si graves que cela ». Reste un constat : la bioluminescente recréée en laboratoire est prometteuse… Qui ne rêve pas de lumière sans électricité ?

 

 

 

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Les commentaires :

Bonjour, une erre s’est glissée dans votre article.
L’ étude ‘De luce animalum’ a été écrit par Thomas Bartholin en 1647, le frère ainé d’Erasme Bartholin , tous les 2 danois.

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