Menu

Nos rubriques

Recevoir notre newsletter

Nous ne communiquons pas votre adresse email.

Facebook

Twitter

Ça fait réfléchir

Logo MQA

Pourquoi ne mangez-vous pas votre chat ?

Les animaux, un amour à géométrie variable ?

Pourquoi ne mangez-vous pas votre chat ?

Paru le 23 février 2016

Ecrit par Mon quotidien autrement

Si l’on s’émeut, à juste titre, des conditions d’abattage des animaux d’élevage tout comme du sort d’Oscar, le chat maltraité dont l’histoire a fait le tour du web, on ne boulotte pas son chat alors que beaucoup se régalent d’une bonne bavette.

Mais pourquoi diable ne mangeons-nous pas nos chats?

De prime abord, on pourrait penser qu’on ne mange pas les animaux que l’on a domestiqués. Eh bien ce n’est pas si simple. Après tout, certains Chinois mangent du chien, domestiqué il y a 15 000 ans. En France, on mange, certes peu, du cheval, domestiqué il y a 3 000 ans à la différence des Anglais que cela horrifie, etc.

Il y a pourtant bel et bien un facteur universel qui fait que l’on mange, ou non, certains animaux : « Les animaux que nous admettons dans notre environnement proche ne sauraient être tués ni mangés », résume Jean-Pierre Digard, spécialiste en anthropologie de la domestication animale,dans une interview au Monde. En bref, dès lors que l’on ouvre la porte à un animal, impossible de le manger.

Et ce, dans toutes les sociétés, quelle que soit l’époque. Ce qui donne des situations assez cocasses. Prenez les chasseurs-cueilleurs. « Ces sociétés vivent dans la crainte que le gibier se ligue contre eux pour les attaquer ou leur échapper, réduisant ainsi les humains à la famine. Pour conjurer ce danger, les chasseurs s’appliquent à ne pas froisser la susceptibilité des animaux, à adoucir leur mort, à s’excuser quand ils les tuent ». Et quand ils trouvent un animal orphelin, ils s’en occupent comme d’un bébé… Et ne le mangent jamais ! « La même chose se produisait chez nous, dans les sociétés paysannes, lorsqu’un chasseur rapportait à la maison un marcassin ou un faon », résume l’anthropologue. Impossible dès lors pour les paysans de la manger. Un interdit qui avait « une fonction rédemptrice ».

Car avant le développement de ce qu’on appelle la « zootechnie », soit l’intensification de l’élevage des bêtes, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les éleveurs considéraient leurs bêtes individuellement, pensaient leur troupeau comme une somme de bêtes dont il fallait s’occuper. L’élevage moderne traite les animaux par lots, à l’abri des regards. Ainsi, aujourd’hui, cette « fonction rédemptrice » avec les animaux d’élevage est impossible !

Aimer son chat, antidote à la culpabilité

« Le statut privilégié que nous accordons à « nos amis les bêtes » représente un antidote à la culpabilité que provoque en nous le traitement que nous infligeons aux animaux de rente. Loin d’être contradictoires, élevage intensif de certains animaux et surprotection à l’égard d’autres sont deux faces inséparables d’une même réalité », explique Jean-Pierre Digard au Monde.

Que d’amour ! Combien sommes-nous à ressentir des élans d’affection en caressant notre chat ? A sourire tendrement à notre chien, les yeux dans les yeux. Et en France, nous sommes très câlins : on chouchoute pas moins de 62 millions d’animaux domestiques, dont 10,7 millions de chats.

Même les députés se mettent à l’amour animal. En janvier, le Parlement a accordé aux animaux la qualité d’«êtres vivants doués de sensibilité» – comme si on en doutait ! Le nouvel article du code civil (515-14) entérine ainsi le nouveau statut des animaux qui ne sont plus considérés comme un bien meuble. Votre hamster n’est plus une chaise.

Mais bon,  la réalité est que pendant que nos députés et sénateurs intègrent la sensibilité animale dans le Code Civil et que nous caressons nos 62 millions d’animaux de compagnie, des milliers de bêtes souffrent dans les élevages industriels et abattoirs de masse. Si l’on n’est pas végétalien, nous pouvons sûrement limiter notre consommation de matières animales et choisir avec soin les œufs et les viandes que nous mangeons en privilégiant des filières biologiques ou en identifiant de petits éleveurs locaux au comportement exemplaire.

Avis sur : Pourquoi ne mangez-vous pas votre chat ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Chaque semaine dans votre boîte mail