Skip to Content

Ces métiers qui disparaissent

Où sont passés les poinçonneurs, les éclusiers et les chapeliers ?

Chapellerie Crédits Patrick Blehaut zoom

On boude les chapeaux décorés de rubans et de plumes, on délaisse les armoires Louis XVI pour des meubles Ikea, on préfère racheter des chaussures toutes neuves plutôt que de les apporter chez le cordonnier. Résultat, tous ces beaux métiers sont en train de s’évanouir. Certains ont déjà totalement disparu.

Savez-vous que fut un temps, il existait des allumeurs de réverbères. Leur boulot : allumer les lampadaires des rues quand ils n’étaient pas encore électriques. Et le matin, ils les éteignaient à l’aide d’une cloche qui étouffait la flamme. Fini aussi le temps des cantonniers, qui s’occupaient de l’entretien des routes de leur canton. Tout comme celui des crieurs de rues, qui lisaient la gazette aux passants sur la place du village ou le parvis de l’église, ou encore celui des demoiselles de téléphones, ces jeunes filles célibataires à l’éducation réputée impeccable, chargées de mettre les abonnés en relation. Fini aussi le temps des bourreaux, qui se sont retrouvés sur le carreaux en 1981 avec l’abolition de la peine de mort. Mais on ne va tout de même pas le regretter !

L’empathie sauvera le travail

Chaque année, des professions plongent dans l’oubli. Couteliers, joailliers, cordonniers, horlogers, ramoneurs ou encore charpentiers sont de moins en moins nombreux. Mais ces artisans ne sont pas les seuls à douter de leur sort. Il est peu probable que les métiers « automatisables » aient de beaux jours devant eux. Deux chercheurs d’Oxford ont d’ailleurs réalisé une étude sur le sujet, il y a quelques années. Ils ont scruté quelques 700 métiers. Conclusion : 47 % d’entre eux seront automatisés dans deux décennies.

Parmi les plus menacés, on peut citer les démarcheurs téléphoniques, les dactylos, les secrétaires juridiques, ou les gestionnaires de comptes financiers. Pour les chercheurs, les métiers sur la corde raide sont ceux qui nécessitent le moins de relations empathiques. Ceux qui font appel à la clairvoyance sociale, la négociation, la persuasion, l’assistance à autrui, l’originalité, le sens artistique, la dextérité ou encore la capacité à travailler dans des endroits exigus sont par contre moins menacés. Si vous êtes conseiller en éducation, barman, ou orthophoniste, par exemple, vous n’avez a priori aucune raison de vous inquiéter.

Nouveaux métiers et renouveau des métiers

Et puis, à l’inverse, certains métiers reviennent inopinément au goût du jour. Qui aurait cru au retour des barbiers ou des couturières ? La plateforme numérique de travail Qapa.fr a analysé les données de plus de quatre millions de candidats et plus de 400 000 offres d’emploi entre 2011 et 2016 Sur cette période, le nombre d’offres d’emploi de barbier a augmenté de 78 %. Pour les couturières : +11 %. Et les cuisiniers et les pâtissiers ont visiblement aussi le vent en poupe. Plus insolite, quelques profils de cocher, de maréchal-ferrant, de perruquier et même de ramasseur de volailles s’étaient glissés dans le lot.

Pendant ce temps-là, d’autres métiers font leur apparition. Il y a 20 ans, on ne pouvait pas être community manager (en charge de la gestion des réseaux sociaux), ergonome pour le web ou encore développeur d’appli mobiles. Et entre 2011 et 2016, le poste qui a le plus progressé est celui de Chief Happiness Officer (+967 %). Son rôle ? S’assurer que les salariés sont heureux au travail !