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Ça fait réfléchir

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Feu contre les canons à neige

Gourmands en eau et en électricité, les enneigeurs sont néfastes pour la planète.

Plus du tiers du domaine skiable français dépend des canons à neige © Ruth Hartnup

Paru le 23 janvier 2018

Ecrit par deborah.berthier

Ça fait réfléchir

A l’approche des vacances d’hiver, vous vous imaginez déjà en train de dévaler les pistes de poudreuse. Peut-être va-t-il falloir réviser vos rêves. Car la neige n’est plus toujours au rendez-vous. Entre la hausse des températures et la baisse des précipitations, elle se fait de plus en plus désirer. Depuis la fin des années 1980, l’enneigement au sol dégringole de 25 jours par an en moyenne. L’avenir des stations en-dessous de 1500 mètres d’altitude est clairement menacé.

La montagne résiste pour le moment en comptant sur l’aide des canons à neige. Plus d’un tiers du domaine skiable français serait aujourd’hui dépendant de la neige de culture. Problème, ces engins ont un impact néfaste sur l’environnement.

Un canon à neige, comment ça marche ?

Commençons par comprendre comment fonctionnent ces enneigeurs. Pour faire de la neige de culture, on pulvérise des gouttelettes fines dans de l’air froid (-2,5°C maximum, lorsque l’air est humide ; idéalement entre -7°C et -12°C) afin qu’elles congèlent avant de tomber au sol. On crée ainsi des flocons artificiels. Petit détail : leur forme est ronde et non étoilée.

Pourquoi est-ce mauvais pour l’environnement ?

L’inconvénient majeur est que produire 2m3 de neige de culture nécessite 1m3 d’eau. Pour un hectare de neige, sur une épaisseur de 60 centimètres, il faut donc compter 4 000 m3 d’eau. C’est l’équivalent d’une piscine olympique ! Chaque année, les enneigeurs absorbent ainsi 28 millions m3 d’eau environ, soit l’équivalent de la consommation annuelle en eau potable d’un demi-million de Français, estime le site Bastamag.

Et cette eau prélevée est en partie perdue. « On estime à 30% le taux de perdition d’eau par sublimation [passage à l’état gazeux, ndlr] dès lors qu’on la transforme en neige artificielle », explique Vincent Neirinck, co-directeur de Mountain Wilderness, sur le site. Cette eau est pompée depuis les torrents, les retenues d’altitude ou les réseaux d’eau potable.

Le prélèvement d’eau dans les lacs et les rivières accélère la disparition de certaines espèces, estime-t-on dans l’Obs. « On a réduit les zones humides dans les Alpes de 70 % », alerte même Carmen de Jong, professeure en hydrologie spécialisée sur la montagne, évoquant un « désastre écologique ».

Dans certains cas, les canons à neige peuvent aussi créer des conflits d’usage, avec la distribution d’eau potable notamment : pas assez d’eau pour alimenter les deux. C’est arrivé à plusieurs reprises dans les Alpes françaises et suisses.

Les canons à neige sont aussi très énergivores. 10 000 canons à neige consomment 108 millions de kWh, évalue la Croix. Sans parler du fait que la neige artificielle est cinquante fois plus dure et quatre fois plus dense que la neige naturelle en moyenne et que son utilisation favorise ainsi l’érosion des massifs montagneux.

Les stations peuvent-elles survivre sans neige de culture ?

Rien n’est moins sûr. A l’horizon 2050, les stations à basse altitude ne disposeront probablement plus d’un enneigement suffisant pour proposer des activités de sports d’hiver. Une situation complexe car des milliers d’emplois dépendent de ce secteur économique. Mais plutôt que d’investir des millions dans la production de neige artificielle, ne vaudrait-il mieux développer des activités alternatives et plus douces pour booster la montagne ?

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