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Drôles de bus

Déchets, café, excréments : des carburants innovants et écolo

Le "poo-bus" de Bristol © Paul Champman

Paru le 9 janvier 2018

Ecrit par deborah.berthier

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Les bus roulant au diesel, c’est dépassé. Ou presque ! En France et en Europe, on innove pour trouver des alternatives écolo. Petit tour d’horizon de ces carburants nouvelle génération :

Des bus boostés au café…

Ça se passe à Londres. Depuis 2017, une partie des célèbres autobus rouges roulent grâce à un carburant à base de marc de café et de gazole. Plutôt que d’envoyer le marc directement à la déchetterie, la strat-up britannique Bio-Bean a eu l’idée de collecter le marc de café, auprès de bars et de restaurants dans la capitale et d’autres villes anglaise pour le transformer dans son usine d’Alconbury, à 20 km de Cambridge. Cette huile de café permettrait de réduire les émissions de carbone des bus de 10 % à 15 % sans changer le moteur ni utiliser davantage de carburant.

… ou carburant aux déchets

Alimenter les bus en biodéchets n’a rien de nouveau. A Lille, on le fait depuis 2007. La métropole s’est équipée de bus roulant grâce à du gaz produit par la méthanisation de déchets des habitants, des restaurateurs et des collectivités.

Bus de merde !

Dans plusieurs villes d’Europe, on peut désormais emprunter des bus roulant au caca. Stockholm donne par exemple une seconde vie à ses eaux usées, composées en majeure partie d’excréments humains. Elles sont traitées, pour être transformées en biogaz qui alimente un tiers des bus de la capitale suédoise. Pour fabriquer ce biocarburant, on utilise aussi des déchets organiques, comme la graisse des restaurants. L’Angleterre a également lancé son « poo-bus », qui relie l’aéroport de Bristol au centre historique de Bath. Tout comme la capitale norvégienne, Oslo. On estime que les déchets annuels de cinq personnes peuvent alimenter le bus pour 300 kilomètres. L’équivalent d’un plein.

Et l’électrique dans tout ça ?

Et pourquoi ne pas remplacer le diesel par l’électrique ? A Paris, la RATP s’est fixée l’objectif 2025 de remplacer l’intégralité de sa flotte diesel, soit environ 4500 véhicules, par 80 % de bus électriques et 20 % de bus au biogaz. D’ici à la fin 2018, six lignes d’Île-de-France devraient être entièrement équipées de bus électriques. D’autres villes en France testent le dispositif, comme Tours qui expérimente depuis peu son premier bus électrique, ou encore Orléans, qui compte passer de deux à six véhicules électriques en 2018.
Mais les problèmes d’autonomie et de recharge sont encore nombreux. La technologie a des progrès à faire avant de réellement se démocratiser. Sans compter que l’électricité française est encore très majoritairement issue du nucléaire et non d’énergie renouvelable. Pas très écolo !

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