Facebook

Twitter

Google+

L'info

Logo MQA

« Les abeilles sont des sentinelles de l’environnement »

Les abeilles en mauvaise santé. Un vétérinaire de formation et apiculteur professionnel témoigne.

"Les abeilles sont des sentinelles de l'environnement"

Paru le 26 juin 2012

Ecrit par mqa_superadmin

L'info

Vous êtes préoccupé par la santé des abeilles? Chacun d’entre nous peut faire de petits gestes pour lutter pour leur sauvegarde. Parrainer une ruche, ou alors essayer de varier les fleurs dans vos jardins et sur vos balcons (sans pesticide bien sûr !). Et préférez les plantes mellifères, il y en a toute une liste.

Mais avant tout, beaucoup d’apiculteurs ont à coeur de sensibiliser le public aux dangers qui menacent les abeilles. Jean-Marie Barbançon est spécialisé en pathologie de l’abeille, et directeur de la Fédération Nationale des organisations sanitaires apicoles départementales, ou Fnosad. Une organisation qui regroupe 21000 apiculteurs français. Un mois après l’interdiction du Cruiser OSR par le gouvernement, il revient sur les dangers de certains pesticides sur les abeilles. 

La santé des abeilles est-elle catastrophique ?

Je dirais que la situation est préoccupante. Nous sommes face à des pertes de colonies d’abeilles en saison et en hiver. Il y a 10 ou 15 ans, on considérait comme normale une perte de 5 à 10% d’abeilles, aujourd’hui, nous sommes à 30%. Et c’est une moyenne, donc pour certains apiculteurs, c’est catastrophique.

De quoi meurent les abeilles ?

Les pesticides ne sont pas les seuls en cause. Le varois, par exemple -une sorte de pou- est un parasite très méchant. Mais à partir de 1995 et de ce que nous,  apiculteurs, appelons les « années Gaucho » (du nom d’un insecticide, ndlr), la situation s’est dégradée. On a des difficultés pour faire la preuve des intoxications, car les pesticides sont présents à faible dose, et donc c’est compliqué de trouver des résidus dans une abeille. La difficulté est de savoir quelle molécule précise est en cause, avant d’arriver à un diagnostic formel, c’est tout un pataquès! Ce qui est constaté, c’est que depuis que des molécules néonicotinoïdes, présentes dans le Gaucho, sont aussi présentes dans l’environnement, on a des problèmes plus visibles sur l’abeille. En Italie, ils ont arrêté l’usage du Gaucho et les apiculteurs ont constaté une amélioration. 

En tant qu’apiculteur, comment constatez-vous que les abeilles vont mal ?

C’est très variable. Quelque fois, on arrive dans un rucher et il y a des cadavres d’abeilles devant la ruche. Ou alors, on s’aperçoit qu’il y a une forte dépopulation. Certains pesticides induisent des troubles du comportement ou de l’orientation, les butineuses ne savent plus revenir à la ruche. Des études ont montré que le thiamethoxam, de la famille des néonicotinoïdes, provoque ce genre de troubles nerveux. 

Est-on allé assez loin avec la récente interdiction du Cruiser ?

L’interdiction concerne le Cruiser OSR, celui utilisé sur le colza. C’est toujours ça de pris! Les pouvoirs publics reconnaissent au moins une certaine dangerosité au produit. On peut admettre que les producteurs aient besoin de lutter contre les ravageurs, mais nous aimerions que les critères d’évaluation d’homologation soient valables.

Quelles sont les conséquences concrètes de la mortalité des abeilles?

L’intérêt principal des abeilles est la pollinisation. Donc, on aboutit à des denrées alimentaires en moindre quantité : les pommes, les fraises, les poires sont moins grosses par exemple. Ou alors, vous n’avez pas de fruit du tout. Aujourd’hui, il est rare que les agriculteurs puissent se passer de louer des ruches pour polliniser leurs cultures.

Etes-vous optimiste?

Il faut bien, mais on a la tête dans le mur sur le plan environnemental, et ça touche pas seulement l’abeille. L’abeille est une véritable sentinelle. En allant récolter dans la nature différentes matières végétales, elle permet au scientifique de se faire une idée de la pollution. Le miel, la cire, le pollen… tout ce qui est dans la ruche peut être analysé.

 

 

Avis sur : « Les abeilles sont des sentinelles de l’environnement »

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Inscrivez-vous à notre newsletter hebdomadaire

Nous ne communiquerons pas votre adresse email.